Revenir en haut Aller en bas
Recensement de la rentrée
N'oublie pas de venir recenser ton/tes personnage(s) dans ce sujet avant le 21 octobre !
Tu ne sais pas quel groupe rejoindre ?
Et bien sache que nous manquons cruellement de Lufkin ! (a)
Toi aussi, tu aimes Hungcalf ?
Alors vote sur les top-sites et laisse un petit com' sur Bazzart et PRD !

Partagez | .
 
Diving deeply
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
En ligne
›› parchemins postés : 153
›› miroir du riséd : Jeremy Irvine
›› crédits : /
›› multinick : Thomas Cioban
SORCIER SALARIE
›› âge : 28 ans
›› situation : Célibataire
›› nature du sang : sang-mêlé
›› gallions sous la cape : 396

carte de sorcier
mes clubs:
mes liens :
DATE: Ven 7 Sep 2018 - 18:54 Sujet: Diving deeply

Abigail était arrivée au matin, après que le soleil ait dépassé l'allée de peuplier bordant les pâtures à l'Est du domaine. Levius s'affairait depuis un moment déjà quand il la vit arriver. Il l'accueilli d'une joie simple et discrète conforme à son habitude, puis ils se mirent au travail ensemble.
Elle renvoyait la morosité discrète caractéristique de ceux qui tiennent d'une main ferme la peine tapie dans le secret de leur âme, mais dont le moindre écart d'attention serait fatal au maintien du masque d'insouciance rayonnant qu'il est toujours de bon ton d'arborer en société. Vu de l'extérieur, Abigail semblait cette jeune femme timide et discrète, mais néanmoins pleine de volonté, qu'elle avait toujours été. Cependant, Levius la connaissait bien assez désormais pour se pressentir de la nature des aléas vivants sous la carapace.
En effet, la jeune femme semblait rechercher avidement l'effort. Elle ne renonçait à aucune tâche (pas même la plus ingrate) et faisait preuve de volonté. Bien entendu, Levius la laissa faire, s'abstenant religieusement de partager la moindre de ses pensées avec elle. Il observait seulement (mais du coin de l’œil, sans que cela se voit) attendant de capter quelques signes dont il pourrait nourrir ultérieurement son discours.
Les deux jeunes gens s'étaient entendus sur ce qu'il adviendrait de cette journée et c'est pourquoi il ne démontrait aucune forme d'impatience ni de curiosité. Patient, le jeune homme préféra offrir à son amie l'opportunité de mettre elle-même en regard ses maux avec la dureté d'un travail purement physique. Levius ne connaissait rien de plus efficace pour relativiser l'adversité que les choses concrètes de la vie (quand bien même seraient-elles ingrates, il y avait régulièrement recours).
Ils passèrent donc de longues heures à nettoyer l'écurie et les mangeoires, à s'occuper du poulailler, à tirer le lait des chèvres et à éliminer les mauvaises herbes du potager (sans oublier la traditionnelle chasse au gnome de jardin). A midi, ils furent rappelé à l'ordre par grand-mère Susan qui leur offrit un repas bien mérité. Puis, ils poursuivirent le travail quelques heures encore, jusqu'à ce que les travaux du jour soient officiellement terminés.

Quelques heures de détente bien méritées s'offraient à eux. Levius se recueilli un moment en lui même en compagnie des chevaux, dans le pré. On le retrouva adossé au ventre de Jane, une belle jument New Forest grise qui aimait dormir couchée, le regard dans le vague et l'air serein. Le garçon possédait une remarquable intuition avec les chevaux. Il en avait toujours côtoyé, mais de toute sa fratrie il restait celui qui les comprenait le mieux (et ces dernier lui rendaient bien). Levius voyait en eux bien plus que de simples animaux de compagnie ou de travail : il les prenait comme des individus à part entière et dotés d'un langage et de manières bien à eux. Quand il voulait se faire comprendre il n'avait qu'à adopter leurs postures et leurs façons et les chevaux répondaient. Une attitude évidente en apparence, pourtant la plupart des propriétaires d'animaux demeuraient incapable d'observer correctement la manière dont s'exprimaient leurs compagnons. Levius n'était pas de ceux là.

Le bras étendu contre l'encolure de Jane, Levius passait doucement la main à travers le crin rêche de la bête. Il finit par tourner la tête en direction d'Abigail. Cela faisait un moment qu'ils ne s'étaient parlé : le pré s'étendait loin. Au delà de la clôture, il y avait les champs des voisins, leurs petites maisons, des vaches et des moutons comme des points blancs mouvant sur l'étendue verte et ce paysage continuait jusqu'à l'horizon. Il suffisait de l'observer cinq minutes pour se laisser happer par ses rêveries et oublier le temps.

« Tu m'apprendrais à devenir animagus ?

Fit-il. Levius pivota légèrement, de sorte à ce que sa joue se retrouve collée au pelage tiède de la jument assoupie. Elle respirait profondément et avec une force telle que le garçon subissait doucement les soulèvements réguliers de son ventre arrondis. Sa main revint se lover contre sa poitrine et il commença distraitement à gratter le poil gris de Jane. Après un instant, les yeux rêveurs, il ajouta dans un murmure :

« Je me suis toujours demandé quel genre d'animal je pourrais bien devenir.




Pensine
Revelio:
 


Dernière édition par Levius Bird le Ven 7 Sep 2018 - 20:31, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hungcalf.forumactif.com/t10862-levius-bird-nerd-is-the-new-sexy#237349
En ligne
avatar
Abigail Dowell
☙ Tiny Cute Dragonborn ❧
›› parchemins postés : 2926
›› miroir du riséd : Lauren Mayberry
›› crédits : mich
›› multinick : Vilagrippa
›› dispo RP : Disponible
BOTANIQUE ET MAGIZOOLOGIE
›› âge : 25 ans
›› situation : Célibataire
›› années d'études : 8ème année
›› options obligatoires & facultatives : Options Obligatoires :
Botanique, Soins aux créatures magiques, Astronomie
Options Facultatives :
Dragonologie, Sortilèges, Métamorphose, Défense contre les forces du mal
›› particularité : Animagus
›› nature du sang : sang-mêlé
›› gallions sous la cape : 3879

carte de sorcier
mes clubs:
mes liens :
DATE: Ven 7 Sep 2018 - 19:41 Sujet: Re: Diving deeply

J'avais terminé tard mon travail au Rainbow, et c'est donc au plein milieu de la nuit que je rentrais chez moi. Ce n'était qu'une formalité, ça ne me dérangeait pas de terminer aussi tard, au moins l'ambiance là-bas était bonne et ça me permettait de penser à autre chose qu'à mes soucis actuels. Je me dépensais peut-être plus que de raison, moi qui étais déjà menue, je ne mangeais plus grand-chose depuis ma rupture, comme si tout ce que je pouvais cuisiner ou manger ne passait plus aussi bien qu'avant dans mon organisme. Bouger comme je le faisais n'aidait pas ma forme, et je savais qu'avec la venue des vents froids de Septembre, j'allais sans doute finir par tomber malade… oui mais voilà, je n'arrivais pas à m'arrêter. Dès que je me posais, que j'étais tranquille, mon esprit en profitait pour vagabonder. Il faisait ressurgir la douleur de ma rupture, la rudesse de mon attaque, les sensations de morsures et de griffures, la frustration de ne plus user de ma baguette, etc, etc. En m'occupant physiquement, mon esprit n'avait plus de place pour tout cela.

Voilà pourquoi après avoir dormi à peine quelques heures, car j'étais toujours frappée par les insomnies et les cauchemars, je me rendais à la ferme des oiseaux. Lorsque je n'étais pas chez moi, à Hungcalf ou au Rainbow, je venais ici. Je savais que j'y étais bien accueillie et que j'allais forcément rencontrer des personnes que j'appréciais. Levius et sa grand-mère, pour commencer, puis Ayden avec notre club de botanique, et enfin Aaron avec qui je commençais à bien m'entendre, aussi surprenant que cela puisse paraître. Après avoir trouvé mon ami d'enfance, je mettais la main au travail sans la moindre hésitation, ne rechignant devant aucune tache. S'occuper de chevaux, de poules ou d'un potager ne faisait pas peur lorsqu'on avait vécu plusieurs jours dans une réserve de dragons. Le travail était quelque peu plus colossal. J'aurai beaucoup aimé pouvoir revivre cette expérience pour joindre l'utile à l'agréable, étudier avec ma passion et oublier mes maux, mais mon état ne me le permettait pas. Déjà, j'en faisais trop dans la ferme. Même si mes blessures étaient parfaitement cicatrisées, ma nuque et mon dos avaient été particulièrement touché, les muscles ayant subis des dégâts. Il me fallait du temps pour me remettre totalement, et certains mouvements me donnaient une terrible sensation de tirer sur des cordages métalliques. Pourtant, en dehors de quelques froncements de sourcils, je ne reculais devant rien et je ne me plaignais pas.
J'avais bien conscience que forcer ainsi n'était pas bon, et que bouger de la sorte était une manière de fuir la dépression, pourtant je n'avais trouvé que cette solution pour l'heure, parce que je ne savais faire que ça : me tuer à la tâche. J'avais toujours été particulièrement studieuse, j'y avais maintenant simplement rajouté les efforts physiques.

De ce fait, j'appréciais le silence de Levius alors que j'avais pleinement conscience de ses regards en coin. Il me connaissait bien depuis le temps, mais c'était réciproque, et mon instinct particulièrement aiguisé par la dragonologie doublé de ma timidité me permettait de me dire si les regards étaient posés sur moi ou non. Toutefois, je ne sentais pas mon ami d'enfance dans le jugement ce qui me permettait de ne pas être dérangée par les coups d'œil qu'il pouvait me lancer avec discrétion.
En fin de journée, une fois totalement vidée de toute mon énergie, mais sereine intérieurement, je ne rompais pas le silence religieux du pré et de l'ambiance de la campagne. J'adorais ça et j'étais une grande partisane de ce genre de lieu. Avant tous mes malheurs, j'étais du genre à aller étudier dehors, seule, pour apprécier l'instant, c'était un besoin vital pour moi, je m'enfuyais régulièrement dans la forêt pour communier avec la nature. J'avais perdu cette habitude depuis mon accident, et je le regrettais. C'est donc tout naturellement et sans trop m'en rendre compte que j'adoptais ma forme Animagus à côté de Levius et de sa jument, et que je me couchais dans l'herbe. Comme piquée par un instinct primaire, je me roulais dans l'herbe et dans les fleurs, me frottant le dos avec délectation. Ainsi vêtue, mon accident n'était pas visible, les poils noirs et blancs recouvrant les cicatrices que Levius avait eu tout le loisir d'observer durant la journée car j'avais osé venir en short et en T-shirt avec les cheveux attachés en une petite queue de cheval pour me dégager le visage.

Sous cette forme, mes sens étaient décuplés, ce qui me permettait un avantageux rapprochement à cette nature que j'appréciais et admirais tant. J'entendais les oiseaux s'envoler, la respiration de Jane ainsi que l'étalon mâcher son herbe non loin. Ma truffe me permettait de sentir les moutons au loin ainsi que les différents parfums des fleurs mais aussi les traces des animaux sauvages qui venaient ici comme si c'était chez eux. Et alors que je plissais les yeux, détendue, la voix de Levius me raccrocha à la réalité et je tournais mon regard brun foncé vers elle. Penchant ma tête de Berger Allemand sur le côté en remuant mon oreille pointue et bien dressée sur le sommet de ma tête, je me contentais d'un hochement de tête. Mouvement particulièrement dérangeant à voir car il n'était absolument pas animal. Je n'aimais pas vraiment adopter une attitude humaine en étant sous forme Animagus, car si j'avais souhaité le devenir, c'était justement pour m'oublier en tant que bipède. Et même si je n'avais absolument pas envie de reprendre ma forme initiale, je me forçais, pour mon ami. Il fallut donc attendre encore avant que je ne me décide à me transformer à nouveau, restant toutefois allongée dans l'herbe sur le dos, mes avant-bras relevant le haut de mon corps.

- C'était la question qui m'obsédait le plus…

Puis je cherchais son regard pour parler sincèrement et sans détour.

- Mais tu sais Levius, c'est une grande recherche au fond de soi, c'est long et difficile. Tu vas peut-être te remémorer des choses que tu voudrais oublier. Il te faut être préparé à ça.

Je savais qu'il était un garçon sensible et particulier à sa façon, mais je savais aussi qu'il avait vécu quelque chose de très fort en tant que psychomage. Je préférais le prévenir que tout ce qu'il refoulait risquait de refaire surface. Pour la peine, j'étais heureuse d'avoir appris à devenir Animagus en ayant été toute jeune adolescente et sans grands tracas. La recherche de la plénitude n'avait pas été difficile à cette époque.




FicheLiens
PensineTableaux


Revelio:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hungcalf.forumactif.com/t9691-c-est-beau-c-est-frais-c-est-transparent
En ligne
›› parchemins postés : 153
›› miroir du riséd : Jeremy Irvine
›› crédits : /
›› multinick : Thomas Cioban
SORCIER SALARIE
›› âge : 28 ans
›› situation : Célibataire
›› nature du sang : sang-mêlé
›› gallions sous la cape : 396

carte de sorcier
mes clubs:
mes liens :
DATE: Ven 7 Sep 2018 - 20:56 Sujet: Re: Diving deeply

Levius regarda Abigail reprendre forme humaine tout en sachant bien qu'elle le faisait à contrecœur. Égoïstement, il aimait à penser qu'il comptait assez à ses yeux pour s'infliger un tel désagrément sans en prendre ombrage. Levius n'était pas exclusif, simplement insécure. Il nourrissait la fragilité de son ego par ce genre de petits signes, tout en se gardant bien de manifester l'émoi que cela suscitait toujours chez lui.
Comme elle demeurait étendue dans l'herbe, il l'écouta évoquer cette question tellement centrale dans la recherche de l'animal en soi. Levius se demandait si la bête serait timide (à son image) où si elle fraierait avec une essence plus pure, plus essentielle, dépassant le poids de ce que la société impose au caractère. Il serait ce qu'il est plus que ce que le monde voit de lui ? Fallait-il seulement que ces deux notions diffèrent fondamentalement ? Il n'en savait rien.
Il n'était pas animagus.

Mais Abigail souleva une autre question : celle de la quête. Levius ne répondit rien dans un premier temps. Il se laissait imprégner par ces paroles, déjà à moitié conscient de leur réalité. Le garçon connaissait le rite. Il ne l'avait néanmoins jamais pratiqué.

« Tu es la seule à qui j'ai envie d'en parler.

Répondit-il, car il savait qu'elle parlait de cet événement tellement mystérieux qui l'avait agité au jardin botanique, le jour de leurs retrouvailles. Cette chose dont il n'avait parlé à personne jusqu'à présent et qui se rappelait à lui, la nuit, sous la forme de rêves.

« C'est pour ça que je veux que ce soit toi qui m'accompagne.

C'était évident. Levius ferma doucement les yeux et inspira profondément, en silence. Il se laissa emplir de l'air frais et parfumé de la lande, tandis que ses sens fusionnaient avec la profonde respiration de la jument contre son dos. Elle, étendue au sol et lui, assit près d'elle : comme un arrière goût de cosmos. Le jeune homme ouvrit les yeux.

« Il n'y a rien que j'ai envie d'oublier tu sais. Ce serait mal d'oublier ce genre de choses... C'est plutôt un deuil.

Il tourna à nouveau la tête en direction de Jane dont les naseaux frémissaient doucement. Elle semblait tellement apaisée et sereine qu'il s'en sentit ému. Il aurait souhaité disparaître dans sa tête pour voir ce qui s'y trouve, l'espace d'une seconde. Sa main s'en alla glisser le long de l'encolure dont il détaillait les courbes, monts et vaux, du bout des doigts.

« Les gens disent qu'il faut « faire son deuil », tu sais. Moi je pense que c'est le deuil qui nous fait. On est frappé par le sort. Quelque chose nous marque, au point qu'on acquiert la certitude que plus rien ne sera jamais comme avant... Ces événements là nous changent. On apprend à vivre après eux, mais ils ne disparaissent jamais.

Il murmura :

« On devient ce qu'ils font de nous.

Puis, ses yeux se fermèrent à nouveau et il laissa doucement sa tête retomber contre le ventre de la jument.

« Je vis en lutte contre moi-même depuis toujours tu sais... Je me demande juste si ce rite me montrera de nouvelles choses.



Pensine
Revelio:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hungcalf.forumactif.com/t10862-levius-bird-nerd-is-the-new-sexy#237349
En ligne
avatar
Abigail Dowell
☙ Tiny Cute Dragonborn ❧
›› parchemins postés : 2926
›› miroir du riséd : Lauren Mayberry
›› crédits : mich
›› multinick : Vilagrippa
›› dispo RP : Disponible
BOTANIQUE ET MAGIZOOLOGIE
›› âge : 25 ans
›› situation : Célibataire
›› années d'études : 8ème année
›› options obligatoires & facultatives : Options Obligatoires :
Botanique, Soins aux créatures magiques, Astronomie
Options Facultatives :
Dragonologie, Sortilèges, Métamorphose, Défense contre les forces du mal
›› particularité : Animagus
›› nature du sang : sang-mêlé
›› gallions sous la cape : 3879

carte de sorcier
mes clubs:
mes liens :
DATE: Ven 7 Sep 2018 - 21:42 Sujet: Re: Diving deeply

Je commençais à ressentir les crampes et les douleurs musculaires parce que j'avais trop forcé ces dernières heures. Qu'importe, mon esprit se sentait léger, et ça me faisait un bien fou. Aussi, je n'arrivais plus vraiment à bouger sous ma véritable forme, et, ainsi appuyée sur mes avant-bras, je me faisais très mal au dos et aux omoplates. Préférant ne plus insister, je venais m'allonger totalement dans l'herbe en posant mes mains sur mon ventre, mon regard se perdant dans la contemplation du ciel encore bleu de cette fin d'après-midi. J'écoutais attentivement ce que disait mon ami avec un air profondément grave. Je comprenais parfaitement ce qu'il entendait par-là, et s'il était en plein dedans avec ses propres problèmes, c'était aussi mon cas avec les miens.
J'étais flattée de la confiance qu'il avait en moi, sans toutefois en ressentir le moindre stress ou la moindre angoisse. J'avais moi aussi confiance en lui, je le considérais un peu comme un frère, et de le constater et de m'en rappeler à chaque fois que j'étais en sa présence me donnait l'impression d'avoir de petits papillons agités dans le creux de mon ventre. Ce n'était pas désagréable, c'était même chaud d'une douceur rassurante. Ça contrastait énormément de ce vide que je ressentais en parallèle de ses paroles qui firent sauter en plein visage ma relation avec Adoración ainsi que mon accident.

- Moi non plus je ne veux pas oublier…

Levant ma main gauche en l'air devant moi, je regardais mon poignet orné de mon tatouage discret, ce dragon au centre d'un triangle retourné. Il avait toute sa signification mais bien peu de gens connaissaient son véritable semble. Le dragon me symbolisait, le triangle inversé démontrait le passé. Ne pas oublier ce que nous avions vécu, pour mieux grandir. Je connaissais cette leçon depuis tant d'années déjà, pourtant, je ne l'avais pas vécue sous cet angle. Comme quoi, on en apprend tous les jours, sans cesse, dans un flot continu contre lequel il fallait savoir pagayer.
Je ne voulais pas oublier mon imprudence le soir de l'attaque, que ça puisse me servir dans la dragonologie. Encore et toujours la dragonologie. Je ne voulais pas oublier cet amour débordant, sincère et pur que je portais à l'enseignante des Sortilèges. Je le savais aussi ardent que le premier jour encore maintenant, et je savais ce brasier aussi éternel que ma passion dévorante pour les dragons. Je ne voulais pas oublier… je devais simplement apprendre à vivre avec cette douleur, l'accepter et la chérir. "Simplement".

- Il faut apprendre à vivre avec tout ça et à l'accepter. Pour que, de diviser, ça devienne un tout qui nous reforme.

En prononçant ses mots, je levais ma main droite pour la joindre à la gauche que je contemplais, le symbole de l'union se faisant alors que mes doigts s'entremêlèrent. Je revins les poser ensuite sur mon ventre et observer à nouveau le ciel avec calme, réfléchissant aux craintes de Levius et à l'objectif qu'il souhaitait atteindre en devenant Animagus. C'est donc d'un ton soudainement étrangement assuré que je lui répondais, sans pour autant me défaire de cette douceur et de ce calme qui m'animait depuis ma venue ce matin.

- Même si tu n'y arrives pas, le rite te montrera forcément de nouvelles choses, parce que c'est une nouvelle expérience. Tu as tout à y apprendre. Il faut juste te préparer aussi bien à l'échec qu'à la réussite.

Je ne doutais absolument pas des capacités magiques de mon compagnon. Néanmoins, je ne me faisais pas d'illusion, devenir animagi était une chose particulièrement difficile et qui demandait une grande rigueur. Même les sorciers les plus aguerris n'avaient pas tous réussis. À l'époque, j'avais mis mes études en périls pour réussir. C'était sans regret évidemment, mais ça aurait pu avoir des conséquences, sans compter la fragilité de ma santé. Tournant la tête dans sa direction sans la relever, sentant que j'étais un peu paralysée, j'essayais de voir son visage derrière les brins d'herbes et les fleurs qui m'entouraient.

- Je lutte moi aussi sans cesse depuis enfant. Encore plus ces dernières semaines comme tu le sais. Devenir animagi m'a appris beaucoup sur moi. Mais il faut se sentir prêt. Pas uniquement dans sa tête, mais aussi au fond de ses tripes.




FicheLiens
PensineTableaux


Revelio:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hungcalf.forumactif.com/t9691-c-est-beau-c-est-frais-c-est-transparent
En ligne
›› parchemins postés : 153
›› miroir du riséd : Jeremy Irvine
›› crédits : /
›› multinick : Thomas Cioban
SORCIER SALARIE
›› âge : 28 ans
›› situation : Célibataire
›› nature du sang : sang-mêlé
›› gallions sous la cape : 396

carte de sorcier
mes clubs:
mes liens :
DATE: Ven 7 Sep 2018 - 23:42 Sujet: Re: Diving deeply

Depuis qu'Abigail s'était confiée à lui, Levius cultivait l'intuition qu'un secret existait en plus du loup garou. Pressentiment fugace et qui semblait glisser entre ses doigts chaque fois qu'il essayait de refermer dessus la poigne de ses pensées. Cela ne tenait pas à grand chose : cet air pensif au lieu du traumatisme. Elle semblait parler d'une chose belle plus que de la peur. Levius ne pouvait pas expliquer d'où cela lui venait, mais il connaissait l'air qu'ont les gens qui pensent à d'autres gens. Il l'avait parfois, lui aussi, cet air (mais personne ne savait à qui il s'adressait). Néanmoins, le garçon devait se résoudre à l'évidence : il n'en saurait jamais rien. Une puissante magie gardait le secret de cette réalité que l'amitié pressentait sans l'identifier... Mais c'était tout ce dont le pouvoir de sa propre affection était capable.
Il ne dit rien, donc, le garçon et se contenta d'écouter une fois de plus. Perdu dans ses propres pensées, l'esprit à demi fusionné avec le corps chaud de la jument, Levius réfléchissait aux paroles de son amie d'enfance. Était il capable d'accomplir le rite ? Était il prêt ? Lui se sentait tout à la fois capable et prêt. Levius n'était pas de ceux qui demandent des choses sans y avoir mûrement réfléchis en amont. Quand il ne savait pas, il s'abstenait de parler. Son avarice rendait chacun de ses mots lourds de sens et s'il avait fait sa demande à Abigail, c'est parce qu'il se sentait prêt, en effet.

Il ouvrit les yeux et capta le regard de la jeune femme à travers les herbes et les fleurs. Ses pensées se dirigèrent ensuite vers les cicatrices marbrant son corps, sans qu'il sache bien pourquoi. C'était un fait étrange. Levius avait connu Abigail dans sa peau de jeune fille. Aujourd'hui, elle allait bardée de ces traces évoquant la violence et la douleur. Le jeune homme n'avait pas tressailli la première fois qu'il les avait vu, mais le fond de ses tripes s'agita d'un mouvement d'horreur. Était-ce de la peur ? Il avait eu l'impression de sentir un fragment de cette douleur terrible, rien qu'en les regardant. Ça l'avait glacé : il s'en souvenait encore.

« C'est sans doute le bon moment pour moi.

Dit-il. Ses yeux se levèrent en direction du ciel. Il observa un instant les cumulus portés par le vent. Au dessus d'un champ d'herbe sèche voisin, une envolée d'étourneaux étaient en train d'enrouler une bulle thermique au gré d'un vol immobile.

« D'une certaine façon, c'est pour ça que je suis revenu.

Il se redressa un peu, de sorte à n'être plus adossé à la jument et se tenir assit par lui même. Jane redressa la tête en réaction et Levius la gratifia d'une caresse sur l'encolure. Elle vint renifler son visage et tenta de faire tomber ses lunettes avec sa bouche, mais il détourna la tête à temps. Finalement, la jument décida de se relever et d'aller voir ses compagnons à l'autre bout du champs : la sieste était terminée. Le jeune homme la regarda s'éloigner pensivement.

« Je voudrais te montrer quelque chose.

Finit par dire Levius. Il ne tarda pas à retrouver l'équilibre de ses deux jambes à son tour. Cela faisait un moment qu'ils étaient dans ce champs et la perspective de se mettre en mouvement ne lui déplaisait pas. Levant les mains en direction du ciel, il s'étira longuement avant de prendre la direction de la maison en compagnie de son amie.

Quand on entrait et si l'on avait l'idée de passer les piles de livres volants, on trouvait un petit escalier contre le mur du fond et qui menait à l'étage. Un long couloir étroit permettait d'accéder aux chambres. Il fallait passer sur une rangée de planches rendues grises par la poussière et dont l'ancienneté se manifestait par d'importants écarts entre les lattes grinçantes. Au plafond, des toiles d'araignée alourdies de poussière pendaient piteusement. Il y avait également toute une série de tableaux animés et quelques talismans magiques accrochés aux murs, mais qui contribuaient fort peu à rendre plus gai ce petit espace.
La chambre de Levius était celle du fond. Elle contrastait radicalement avec l'allure délabrée du couloir, car elle vibrait d'une multitude de choses vivantes et colorées. Le lit tenait dans un coin de la pièce et était envahi par les livres et les choses. Un fauteuil, dans un coin, subissait le même sort et les meubles de rangement débordaient du même bazar incontrôlé. Il y avait des chats sur les piles de vêtements (triés selon trois tas distincts : bleu, jaune et rouge), du matériel de peinture dans tous les coins et autant de toiles inachevées en lévitation (dont un tout petit tableau en cours de réalisation figurant un joli bouquet de tulipes jaunes et de violettes). Cependant, le centre de la pièce demeurait relativement dégagé et l'on pouvait accéder à l'endroit sans avoir à enjamber trop de choses.

Levius chassa tout ce fatras d'un coup de baguette magique, afin d'offrir à Abigail la possibilité de s'asseoir sur le lit ou le fauteuil selon sa convenance. Puis, il s'en alla fouiller dans une grande armoire de bois clair, dans laquelle les objets magiques avaient remplacé les vêtements. Après un moment il se redressa, les mains fermées autour d'un grand réceptacle de pierre, et revint auprès de son amie.

« C'est une pensine. Dit-il. Je m'étais dit qu'on pourrait s'en servir pour toi.



Pensine
Revelio:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hungcalf.forumactif.com/t10862-levius-bird-nerd-is-the-new-sexy#237349
En ligne
avatar
Abigail Dowell
☙ Tiny Cute Dragonborn ❧
›› parchemins postés : 2926
›› miroir du riséd : Lauren Mayberry
›› crédits : mich
›› multinick : Vilagrippa
›› dispo RP : Disponible
BOTANIQUE ET MAGIZOOLOGIE
›› âge : 25 ans
›› situation : Célibataire
›› années d'études : 8ème année
›› options obligatoires & facultatives : Options Obligatoires :
Botanique, Soins aux créatures magiques, Astronomie
Options Facultatives :
Dragonologie, Sortilèges, Métamorphose, Défense contre les forces du mal
›› particularité : Animagus
›› nature du sang : sang-mêlé
›› gallions sous la cape : 3879

carte de sorcier
mes clubs:
mes liens :
DATE: Mar 11 Sep 2018 - 8:26 Sujet: Re: Diving deeply

C'est sans ressentir la moindre gêne que je plongeais mon regard dans celui de Levius malgré l'herbe et les fleurs environnantes. Il m'annonçait être prêt, et je le croyais. Je ne connaissais pas personne plus réfléchie que lui, et s'il estimait que le moment était venu pour lui, alors c'est que c'était le cas. Je n'avais pas à discuter sa décision. Après tout, j'étais moi-même passée par là et personne ne m'avais empêché d'atteindre mon but. Beaucoup avaient essayé de m'en dissuader, prétendant que ça allait être trop difficile, que je n'avais pas les capacités magiques pour y arriver. J'avais fait un pied de nez à toutes ces personnes lorsque je découvrais ma forme animagus. Ça avait été un grand moment de gloire, et il ne m'était pas possible d'oublier la fierté dont j'avais pu faire preuve ce jour-là. C'était un exploit d'y parvenir, et la sensation de victoire alors que d'autres avaient échoués était gratifiante. Surtout pour une timide comme moi.
Mais depuis, je ne m'en étais jamais vanté, et les gens sachant que j'étais animagi se comptaient sur les doigts de la main. Je faisais attention. Je n'avais pas eu envie de devenir animagus pour espionner ou pour utiliser cette transformation à ce genre de fin que j'estimais idiotes. Non, je l'avais fait pour briser la barrière qui me séparait de la nature, des animaux, de tout ce qui faisait que je me sentais vivante, et enfin normale, pas jugée, acceptée comme j'étais.

- Alors soit. Nous commencerons dès que tu en auras envie.

Je lui souriais, me voulant rassurante, car je devinais sans mal entre les lignes que Levius souhaitait faire ce travail au fond de lui. Pas uniquement pour devenir animagus, mais pour lutter contre ses démons, les accepter et les enlacer, pour pouvoir mieux vivre sans devoir leur tourner le dos. C'était le travail que je devais faire aujourd'hui, traumatisée et hantée par le fantôme de ce loup-garou que je craignais revoir à chaque instant.
C'était un stress continuel et je n'arrivais pas toujours à lutter contre. C'était la nuit que je me relâchais et que je pleurais de terreur, esseulée sur mon lit car je n'avais plus la compagnie de ma bien-aimée pour me rappeler que je ne risquais plus rien. Je dormais très peu depuis des mois, je me sentais las, mon corps était épuisé, pourtant, je ne ralentissais pas mon rythme. J'avais peur du jour de la rupture, et je n'arrivais pas à freiner. Je continuais, encore et toujours.

Mon regard décrocha de mon ami d'enfance uniquement lorsque Jane se décidait à se relever pour retourner vers les autres chevaux, incitant de la même manière au jeune homme à se remettre sur pied également. Personnellement, j'aurai pu finir mon après-midi ici, y commencer ma soirée et y passer ma nuit. Mais il semblerait que je n'allais pas pouvoir accomplir se désire. Et me relever était bien trop douloureux, je sentais l'entier de mon dos me hurler que j'avais abusé les efforts aujourd'hui. Pour plus de facilité alors, je retrouvais ma forme animagus, celle de ce grand chien noir aux longs poils, et je me redressais sur mes quatre pattes après avoir roulé sur moi-même. Docile et curieuse, je suivais le jeune homme à travers le domaine, jusqu'à entrer dans la maison familiale et le suivre jusque dans sa chambre. J'observais avec un certain amusement tout ce qui s'y trouver sans toutefois juger ou me moquer. Ici, tout ressemblait à Levius, de près ou de loin, et cette atmosphère me plaisait beaucoup, elle m'apaisait. Je m'attardais un instant sur les tableaux peints jusqu'à ce qu'il vienne me faire de la place. Avec beaucoup d'hésitation, un certain calcul et de la préparation, je sautais avec difficulté dans son fauteuil, démontrant mes douleurs, puis je reprenais forme humaine en soupirant un peu. Quelle idiote de faire ce que je faisais, des fois je ne me sentais vraiment pas maligne…

Passant rapidement une main sur mon visage comme pour reprendre mes idées, je regardais le garçon tirer un grand réceptacle de son armoire. Pas besoin d'avoir un QI incroyable pour savoir ce que c'était, et j'étais surprise qu'il en ait une chez lui, c'était un objet plutôt rare. Est-ce que ça l'avait aidé durant ses pratiques de psychomage ?
Je plissais légèrement les yeux mais gardais ma question pour moi.

- Comment souhaites-tu t'en servir ? Je ne comprends pas trop… en dehors de me faire revivre en boucle cette nuit…

Je me redressais un peu sur le fauteuil, visiblement mal à l'aise et peu rassurée. Je n'étais pas certaine que me replonger de cette manière dans mes souvenirs allait être la meilleure des thérapies. C'était quoi le but ? Me faire voir ce film encore et encore jusqu'à ce que je ne ressente plus rien d'autre que de la lassitude ?
Ça ressemblait davantage à de la torture plutôt qu'à une thérapie, et j'étais prête à m'enfuir en courant s'il le fallait. Pourtant, j'avais confiance en Levius, et je restais encore un peu afin d'écouter ses explications et sa démarche, qui, je l'espérais, allaient être différentes que ce que je croyais.




FicheLiens
PensineTableaux


Revelio:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hungcalf.forumactif.com/t9691-c-est-beau-c-est-frais-c-est-transparent
En ligne
›› parchemins postés : 153
›› miroir du riséd : Jeremy Irvine
›› crédits : /
›› multinick : Thomas Cioban
SORCIER SALARIE
›› âge : 28 ans
›› situation : Célibataire
›› nature du sang : sang-mêlé
›› gallions sous la cape : 396

carte de sorcier
mes clubs:
mes liens :
DATE: Mar 11 Sep 2018 - 14:51 Sujet: Re: Diving deeply

Levius esquissa un petit sourire plein de mystère avant de reculer de quelques pas dans la pièce. Une fois qu'il parvint à peu près au milieu de celle-ci, le garçon s'assit simplement en tailleur à même le sol et, d'un geste extrêmement délicat, posa la pensine à hauteur de poitrine juste devant lui, exactement comme s'il s'attendait à ce qu'elle touche un socle ou n'importe quelle surface rigide. Il n'y avait pourtant que du vide devant lui, mais quand il retira ses mains, la pensine demeura ainsi en lévitation, parfaitement figée dans l'air. Levius releva alors doucement les yeux en direction d'Abigail et commença à expliquer.

« On fait plusieurs usages de la pensine en psychomagie.
Dit-il. Mais c'est une méthode assez efficace pour traiter des troubles phobiques et anxieux.

La jeune femme s'était peut-être étonnée de découvrir que son ami possédait un tel objet. Toutefois, si elle s'autorisait à l'observer de plus près la pensine, elle constaterait que celle-ci était affublée du poinçon d'une société d'objets magique célèbre à usage médical et qu'il n'y avait donc dans la chose rien de tellement inhabituel ni extravagant. La pensine était au psychomage ce que le stéthoscope était au médecin : un simple outil de travail. Levius continua.

« Elle peut être utilisée de plusieurs manières. Ce sera à définir ensemble selon tes besoins et tes envies.
Il parlait avec conscience et application, tandis que son regard azur regardait la surface du grand réceptacle ne souffrir d'aucune flétrissure. Au premier stade, on s'en sert pour stocker le souvenir problématique à des moments importants, comme le soir juste avant l'endormissement par exemple. Cela permet au patient de retrouver un rythme de sommeil régulier et de pouvoir se reposer, car on évite la plupart des cauchemars et des angoisses nocturnes.

Levius avait dans l'idée de proposer à Abigail d'essayer cela ce soir. C'était l'usage le plus simple que l'on puisse faire d'un tel objet. Il n'y avait pas le moindre risque d’aggravation du traumatisme ni de quoique ce soit d'autre. On mettait simplement le souvenir entre parenthèse pour s'alléger momentanément l'esprit : rien de plus.

« Pour un usage plus poussé, on entre dans les thérapies de réhabituation.


A ces mots, le jeune homme tourna la tête en direction du placard et, d'un coup de baguette magique, fit venir à lui une caissette en métal fermée par des cadenas. Il les déverrouilla un à un, avant de découvrir une série de fioles de cristal étiquetées.

« Le patient peut visualiser des éléments anxiogène de manière progressive, de sorte à se réhabituer, comme le nom de la méthode l'indique, à ces dernier.

Il prit entre ses doigts l'une des fioles et la pointa en direction d'Abigail pour qu'elle la voit bien : elle contenait un matériaux ni liquide, ni gazeux, comme un filament blanc luisant d'une faible clarté. Sur l'étiquette était écrit la mention « forêt de nuit ».

« L'avantage des souvenirs c'est qu'ils sont plus réalistes que les images tout en restant parfaitement inoffensifs. Cela dit, on commence généralement avec des images si l'idée de se retrouver d'emblée dans certaines situations est trop angoissante.

Pour illustrer son propos, il montra la fiole portant la mention « loup » à Abigail. Depuis que son amie lui avait raconté son histoire, Levius s'était affairé à constituer cette collection de souvenirs de sorte à pouvoir lui proposer un soutien adapté. Néanmoins, il ne s'agissait là que d'une proposition et si cette dernière ne se sentait pas convaincue par la méthode, il gardait d'autres possibilités dans son sac.

« Mais c'est à toi de me dire quels problèmes tu souhaites régler en priorité et dans quel ordre. Je suis la pour t'accompagner et te proposer des choses, mais à la fin c'est toi qui décide.



Pensine
Revelio:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hungcalf.forumactif.com/t10862-levius-bird-nerd-is-the-new-sexy#237349
En ligne
avatar
Abigail Dowell
☙ Tiny Cute Dragonborn ❧
›› parchemins postés : 2926
›› miroir du riséd : Lauren Mayberry
›› crédits : mich
›› multinick : Vilagrippa
›› dispo RP : Disponible
BOTANIQUE ET MAGIZOOLOGIE
›› âge : 25 ans
›› situation : Célibataire
›› années d'études : 8ème année
›› options obligatoires & facultatives : Options Obligatoires :
Botanique, Soins aux créatures magiques, Astronomie
Options Facultatives :
Dragonologie, Sortilèges, Métamorphose, Défense contre les forces du mal
›› particularité : Animagus
›› nature du sang : sang-mêlé
›› gallions sous la cape : 3879

carte de sorcier
mes clubs:
mes liens :
DATE: Mar 11 Sep 2018 - 18:35 Sujet: Re: Diving deeply

Avec calme et confiance, je regardais Levius s’asseoir à même le sol, la pensine devant lui. Et alors qu’il commençait ses explications, je me sentais mal d’être assise en hauteur comparé à lui. Je n’aimais pas avoir cet air supérieur, même s’il était faussé par mon esprit. Qui plus est, je voulais réellement me sentir d’égal à égal avec Levius. Pas à cause de sa fragilité psychologique mais vraiment parce que j’en avais envie. J’appréciais beaucoup ce jeune homme et je voulais vraiment être son miroir aujourd’hui, d’autant plus avec les exercices que nous nous apprêtions à faire tous les deux, aussi bien pour moi que pour lui.
Alors, tel un serpent, j’étendais mes jambes devant moi pour me laisser glisser le long du fauteuil et finir à genoux face à mon hôte, de l’autre côté de la pensine. En l’observant avec un peu plus d’attention maintenant que j’étais proche, je pouvais voir le sceau d’une société que je connaissais de renom, surtout par le biais d’Aileas qui était en médicomagie. Ma déduction avait donc été correcte, j’avais l’explication de pourquoi il avait un tel objet chez lui.

M’installant en tailleur, je ne pouvais m’empêcher de le fixer, attentive à ce qu’il disait, démontrant ma volonté de vouloir m’en sortir et me guérir. La volonté ce n’était pas ce qui me manquait. Je n’avais simplement pas les armes, et je comptais beaucoup sur Levius pour m’en fournir. Même s’il ne parvenait pas à totalement m’exorciser, j’avais bon espoir de pouvoir me défendre grâce à lui et enfin pouvoir m’améliorer et avancer dans mon traumatisme. Ça ne pouvait pas durer éternellement, et même si c’était frais, je me devais de me faire violence pour avancer. Je n’étais pas du genre à trainer et à me complaire dans mes problèmes. Je devais faire face, je n’avais pas le choix. Je plissais un peu les yeux en prenant en considération ce qu’il me disait à propos du sommeil. J’en manquais clairement. Je m’étais mise beaucoup de pression à la fin de l’année scolaire même si mes examens avaient été sans importance. Puis il y eut ma tentative de baiser avec Adoración, et enfin mon accident, qui finit de tout achever. Me mordant un peu la lèvre pour réfléchir, je prenais la parole, un peu hésitante.

- Stocker les souvenirs problématiques, d’accord… mais ça ne les efface pas de la mémoire, si ? Donc, ils peuvent revenir lors de la phase d’endormissement, non ?

Je connaissais le principe de base de la pensine, mais pas son usage dans son ensemble, et encore moins comme Levius me la présentait. J’étais donc intéressée, et je voulais être certaine de bien comprendre tous les enjeux avant de prendre une quelconque décision. Je ne voulais pas faire d’erreur, car je savais que ça pouvait être dangereux, ou tout du moins, avoir l’effet inverse. Au lieu de m’aider, ça ne ferait qu’aggraver mon cas. J’avais confiance en mon ami, mais la décision finale me revenait.
Continuant donc à être au maximum attentive, je posais mon coude sur mon genou et enfonçais mon menton dans la paume de ma main en écoutant la suite. Une réhabituation consistait donc à revivre le souvenir, comme je le craignais. Toutefois, je comprenais la démarche comme il me la présentait. Je faisais le parallèle avec les traumatismes animaux, en particulier canin. J’avais pu voir plusieurs moldu remédier à la peur de l’orage avec certains chiens en enregistrant simplement le bruit du tonnerre et de la pluie. D’abord ils mettent le son très silencieusement et récompense l’animal tant qu’il ne panique pas. Ainsi, le bruit effrayant devient un plaisir puisqu’il y avait récompense. Petit à petit, le son était monté, jusqu’à ce que le chien soit mieux habitué et que la peur soit atténuée, voire qu’elle disparaisse totalement.

Bien sûr, je me doutais que Levius n’allait pas me donner du chocolat à chacune de mes réussites, mais l’idée était saisie dans son ensemble à mon esprit. J’observais donc sans surprise les fioles qu’il me présentait tout en lisant tranquillement les étiquettes. Je ressentais une légère angoisse de devoir faire face à ces futures situations, toutefois, je savais que je devais y passer. Je ne pouvais décemment pas continuer à avoir peur de la forêt toute ma vie, c’était ce que j’aimais le plus jusqu’à mon accident, je m’y promenais comme s’il s’agissait de ma seconde maison. S’en était donc presque absurde que j’en étais traumatisée aujourd’hui… et pourtant. Encore que… de journée, je n’avais pas spécialement de problème, mais de nuit… et de pleine lune… je me sentais particulièrement insécurisée, alors que c’était dans la forêt que je me rendais à l’époque pour pouvoir retrouver la tranquillité de la nature et pouvoir dormir.
Me redressant un peu, je réfléchissais en levant un instant les yeux au plafond.

- Mmh et bien… je ne sais pas trop par quoi commencer en fait… c’est un tout, je ne sais pas s’il y a un élément moins effrayant qu’un autre… La forêt de jour c’est sûr, de nuit, je me sens insécurisée, mais je ne sais pas si j’ai la peur du loup simple… tu vois ?

Me mordant la lèvre, au sommet de ma réflexion, je soupirai. Il fallait que je prenne une décision.

- Ok... peut-être commencer par la forêt de nuit. Normalement je connais tous les bruits et toute l'ambiance... il faut déjà que je me réhabitue à ça... qu'est-ce que tu en dis ?




FicheLiens
PensineTableaux


Revelio:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hungcalf.forumactif.com/t9691-c-est-beau-c-est-frais-c-est-transparent
En ligne
›› parchemins postés : 153
›› miroir du riséd : Jeremy Irvine
›› crédits : /
›› multinick : Thomas Cioban
SORCIER SALARIE
›› âge : 28 ans
›› situation : Célibataire
›› nature du sang : sang-mêlé
›› gallions sous la cape : 396

carte de sorcier
mes clubs:
mes liens :
DATE: Mar 11 Sep 2018 - 21:19 Sujet: Re: Diving deeply

Levius était attentif aux moindres interrogations de la jeune femme. Il était important qu'elle soit bien au point sur ces techniques avant de s'y engager. Cela faisait aussi parti du processus, pour qu'elle l'accepte et le comprenne dans son entièreté. Les résultats dépendraient aussi de la qualité de cette phase préparatoire. Le jeune homme le savait d'expérience.

« Non, ça ne les efface pas, mais ça les mets de côté. De nombreuses personnes redoutent le moment de s'endormir car ils savent que les images risquent de les assaillir à tout moment... Quand le souvenir repose dans la pensine, il s'éloigne de la personne... Il te « sort de la tête », pour utiliser une expression imagée...
Bien entendu, il arrive que les cauchemars se produisent quand même dans les cas les plus graves. Pour ceux là, je peux prescrire une potion de sommeil sans rêve. C'est ce qui existe de plus efficace.
Néanmoins, je connais beaucoup de personnes réticentes à l'idée d'être médicamentés. C'est à toi d'interroger ta propre sensibilité sur la question... Mais tu peux aussi décider de cela après avoir essayé la pensine.


Levius souhaitait qu'Abigail se sente libre de mettre au point l'accompagnement de son choix. Il voulait qu'elle comprenne que tout pouvait être adapté et modifié selon les circonstances et l'envie, qu'il n'y avait aucun engagement définitif et que l'unique but poursuivi était la reconquête de son bien être.

« Sache que les potions, correctement dosées et avec un suivi adapté, produisent très peu d'effets secondaires et n’entraînent normalement aucune forme d'addiction. Je dis bien « normalement » car il existe toujours des exceptions... Mais il s'agit généralement de personnalités à risque à l'origine. C'est à dire d'individus avec un passé en lien avec la dépendance... Comme l'alcool ou les drogues.

Levius ne suggérait pas à Abigail de s'orienter dans cette voie, pas plus qu'il n'essayait de la dissuader. Il lui expliquait simplement en quoi cela consistait et levait le doute sur d'éventuels questionnements qu'elle pourrait avoir sur le sujet. Par souci d’éthique et de rigueur, il devait lui donner tous ces détails. C'était indispensable.

Concernant la thérapie par les souvenirs qu'il lui proposait, Abigail semblait osciller. Levius ignorait si ses doutes portaient sur la technique en elle même ou l'angle par lequel aborder la chose... Dans tous les cas, il souhaitait éclaircir cela avant de commencer.

« Si c'est comme ça que tu le sens, on commencera par la forêt de nuit. Il esquissa un petit sourire. Ne te sens pas obligée si tu n'es pas convaincue...

Il leva sa baguette magique et un coffre sorti de sous le bureau pour rejoindre leur petit cercle d'initié autour de la pensine. Ce faisant, une pile de livre et de feuilles volantes glissa du couvercle pour se répandre sur son sillage. Levius grimaça en constatant sa propre maladresse, mais il rectifia bien vite le tir avec un second coup de baguette magique.

« J'ai des objets dans ce coffre pour essayer le loup, si tu veux... Comme une fourrure, notamment... Avec les odeurs, la texture du poil... Ce sont des choses qu'on ne verra pas dans la pensine, puisqu'on sera immatériels. Mais... On pourra s'occuper de ça plus tard, si tu veux.

Il n'en dit pas plus sur le chapitre du loup et laissa le coffre à sa place. Puis, levant doucement le flacon de cristal au dessus du grand réceptacle de pierre, le garçon inspira silencieusement.

« D'abord, la forêt.

Il déboucha le flacon d'un geste assuré et en versa lentement le contenu dans la pensine. Au contact de ce qui semblait être une eau résolument pure, le souvenir blanchâtre prit l'allure d'une encre noire, dont les volute dessinaient la silhouette sombre des arbres d'une forêt. Levius reboucha le flacon une fois qu'il fut vide et le reposa dans le coffret.

« Quand tu vas plonger, tu arriveras dans une cabane éclairée au milieu de la forêt. Tu auras le temps de prendre tes marques et de regarder par la fenêtre avant de décider de sortir. Comme ce sont des souvenirs dits « médicaux », tu ne me verras pas dans le souvenirs et on pourra se promener librement en tant que spectateurs.

Levius rectifia d'un geste machinal la position de ses lunettes sur son nez.

« C'est un soir de pleine lune, mais elle ne sera pas visible pendant une bonne partie du souvenirs, car il y a des nuages. Si tu te sens à l'aise, on pourra attendre de la voir, sinon on sortira avant. Je garderai un œil sur la montre et t'avertirai à l'avance.

Le jeune homme s'autorisa à regarder son amie dans les yeux au moment de conclure.

« Si tu as des questions, je t'écoute. Sinon, je te suis.



Pensine
Revelio:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hungcalf.forumactif.com/t10862-levius-bird-nerd-is-the-new-sexy#237349
En ligne
avatar
Abigail Dowell
☙ Tiny Cute Dragonborn ❧
›› parchemins postés : 2926
›› miroir du riséd : Lauren Mayberry
›› crédits : mich
›› multinick : Vilagrippa
›› dispo RP : Disponible
BOTANIQUE ET MAGIZOOLOGIE
›› âge : 25 ans
›› situation : Célibataire
›› années d'études : 8ème année
›› options obligatoires & facultatives : Options Obligatoires :
Botanique, Soins aux créatures magiques, Astronomie
Options Facultatives :
Dragonologie, Sortilèges, Métamorphose, Défense contre les forces du mal
›› particularité : Animagus
›› nature du sang : sang-mêlé
›› gallions sous la cape : 3879

carte de sorcier
mes clubs:
mes liens :
DATE: Mar 11 Sep 2018 - 22:31 Sujet: Re: Diving deeply

J’essayais de mesurer le pour et le contre de la situation qui se présentait à moi. Nous y voilà, devant cet événement que j’attendais depuis mon accident. Pouvoir faire face et lutter, pour guérir. Je sentais toutefois une certaine angoisse mêlée à de la crainte. Et si ça ne se passait pas comme je le souhaitais ? Après tout, c’était le risque… et qui sait, ça allait peut-être être surprenant en bien. Sous la réflexion, je laissais mon regard se promener dans la pièce, m’attardant sur les piles de vêtements de couleurs.
Avais-je besoin de dormir ? Oui. Mais je n’étais pas certaine que j’en avais besoin au point de me médicamenter. Je n’aimais pas dormir seule dernièrement. Je m’étais arrangée soit pour dormir à la ferme avec les chevaux, dans la paille, soit être avec Ayden, soit finir très tard au Rainbow, ou alors j’étudiais jusqu’à m’endormir sur mes livres de révision. C’était toujours plus facile de dormir dans ces conditions que lorsque j’étais vraiment seule. Je m’étais habituée durant deux mois à être dans les bras d’Adoración et même si je cauchemardais toujours, j’étais rassurée. Soupirant un peu, je prenais alors ma décision.

- Entendu, on va essayer de les sortir de ma tête… mais nous verrons plus tard pour la potion. Pour le moment, j’arrive à gérer comme ça.

J’avais déjà eu beaucoup de mal à prendre mes médicaments prescrits par Sainte Mangouste, j’avais toujours du mal aujourd’hui par ailleurs… Non pas que je ne désirais pas me soigner, mais simplement que je n’y pensais pas, et que j’avais ce côté Spartiate qui me soufflait que je pouvais faire sans. Je savais que la potion de sommeil allait connaître le même sort, et pour le moment, mes solutions alternatives me suffisaient, même si je dormais trop peu et très mal. Peut-être que simplement retirer les images lors de la phase de sommeil suffirait. Je souhaitais y aller crescendo.
Je me contentais donc de hocher la tête concernant la dépendance. Pour le moment c’était clair dans ma tête, je ne souhaitais pas essayer. J’avais déjà la dépendance au dragon et à mon ex petite-amie, c’était déjà bien assez difficile et douloureux à gérer. Je ne souhaitais pas risquer en rajouter.

Toujours aussi attentive, je le regardais rapprocher un nouveau coffret et m’expliquer ce qu’il y avait dedans. Je sentis un frisson me glacer l’échine, et je le laissais s’exprimer en faisant tressaillir mon corps. J’avais un souvenir très clair du contact du loup-garou entre mes pattes et entre mes crocs. Il était pourtant si doux, mais rêche à la fois… Une sensation aussi ambiguë que la crainte que je ressentais au diapason de la compassion que j’avais pour cette personne. Peut-être s’en voulait-elle ? Peut-être avait-elle un souvenir d’avoir attaqué des innocents ? Peut-être que sa situation était pire que la mienne. J’étais simplement victime. Lui, ou elle, était bourreau et victime.
Avec un léger mouvement de recul, je secouais légèrement la tête de droite à gauche, signifiant que pour le moment je n’étais pas prête à rajouter ces éléments au souvenir. L’image était pour le moment encore bien trop forte seule.

Fort heureusement, il n’insistait pas et versait le souvenir de la forêt noire dans la pensine. J’essayais d’inspirer profondément pour ne pas céder à la panique que je sentais monter en moi. Toutefois curieuse, j’osais baisser les yeux sur le souvenir se formant dans le liquide translucide. Les arbres m’appelaient, cette envie de faire corps avec la nature n’était pas tarie, c’était déjà une bonne chose. Néanmoins, la nuit me posait un véritable frein. C’était exactement comme cette fameuse nuit… Non, ça ne pouvait pas être exactement la même. Bien que je sois aussi désespérée aujourd’hui, si ce n’était pas plus, la raison n’était pas la même. Ce soir-là, c’était d’avoir essuyé un refus. Maintenant, c’est d’avoir été séparée de l’être aimé de manière dramatique.
Relevant mon regard sur le jeune homme, j’écoutais sa description du lieu dans lequel j’allais tomber, ou sombrer. Je ressentais une certaine amertume de la crainte qui veillait, alors qu’en temps normal, j’aurai été excitée et en joie d’une telle situation. J’étais réellement triste et affligée de ne plus pouvoir vivre ce dont j’étais si dépendante. C’était pourtant une situation que j’avais vécu des centaines de fois, d’être seule dans une cabane, au milieu de la forêt. Ou être seule au milieu de la forêt tout simplement. À bien y réfléchir, j’aurai pu être attaquée n’importe quand. À force de jouer avec le feu, on finit par se faire brûler.

- Ok… d’accord… ça devrait aller…

Comme pour me donner du courage, je balayais encore une fois la pièce du regard. Attirée par la toile remplie de tulipes jaunes et de violettes, mon esprit traduisit instantanément leurs significations en langage floral. Je fronçais légèrement les sourcils en fixant alors Levius, intriguée. J’aurai pu lui poser la question et repousser ma thérapie… pourtant, j’y faisais rien. Ça pouvait après tout signifier bien des choses, et je n’étais toujours pas aux faits de ce qui lui était arrivé lors de son exécution en psychomagie. Laissant ce détail, mais pas moins petit, de côté, je fermais une dernière fois les yeux pour me donner du courage avant de plonger mon visage dans la pensine.

Je me sentais aspirée par la magie de l’instrument et je tombais presque lourdement debout sur le plancher en bois de la cabane. Instinctivement, je regardais avant tout autour de moi pour m’assurer qu’il n’y ait rien, puis je m’attardais sur la décoration intérieure. Une fois assurée d’être en sécurité et rassurée, j’osais faire quelque pas pour mieux me plonger dans l’atmosphère. C’était cependant difficile sans les odeurs et le sens du touché, normal, puisque c’était immatériel, pourtant, je réussissais plutôt bien à m’imprégner du décor. Alors que mon regard se perdait par la fenêtre, je sentais une légère angoisse prendre feu au creux de mon ventre.
J’essayais de me persuader que je ne risquais rien. La nature ne m’avait jamais rien fait jusque là, pourquoi est-ce que ça changerait ?
C’était un exercice extrêmement difficile de rester réaliste dans la terreur.
Après avoir fait plusieurs fois le tour de la pièce, sans piper le moindre mot, je m’approchais de la porte de la cabane pour oser poser ma main sur la poignée et ouvrir la porte. Restant dans l’encadrement, je me contentais pour le moment d’observer la forêt qui s’étendait devant moi. Au moindre bruissement, je tressaillais et j’essayais au maximum de lutter contre ma peur grandissante. J’essayais de rester rationnelle. Je connaissais tous ces bruits, je savais ce que c’était. Sans réussir à fermer les yeux pour encore mieux m’imprégner de l’ambiance, de peur d’être surprise par un lycan, je tentais de me rassurer en analysant chaque son qui me parvenait. Une chouette. La danse des arbres secoués par le vent. Un hibou…




FicheLiens
PensineTableaux


Revelio:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hungcalf.forumactif.com/t9691-c-est-beau-c-est-frais-c-est-transparent
En ligne
›› parchemins postés : 153
›› miroir du riséd : Jeremy Irvine
›› crédits : /
›› multinick : Thomas Cioban
SORCIER SALARIE
›› âge : 28 ans
›› situation : Célibataire
›› nature du sang : sang-mêlé
›› gallions sous la cape : 396

carte de sorcier
mes clubs:
mes liens :
DATE: Mer 12 Sep 2018 - 12:42 Sujet: Re: Diving deeply

Levius avait acquiescé sans rien ajouter après Abigail, au sujet des potions. Il n'attendait pas une autre réponse de sa part. Le jeune homme connaissait suffisamment son amie d'enfance pour deviner ses raisonnements sous-jacents. En outre, il savait qu'elle préférait affronter ses difficultés sans recourir à autre chose que sa propre capacité de résilience. Elle cherchait la compagnie des autres et à élaborer ses peurs à travers le dialogue, mais sans souffrir (sans doute) de l'impression que son traumatisme était hors de contrôle au point d'avoir à le brider par des potions.

Levius s'était donc contenté de lui parler de ce qui arriverait dans la pensine et de l'objectif poursuivi à travers cette méthode, en bon professionnel qu'il était. Un seul regard avait suffit au garçon pour percevoir l'anxiété de la jeune femme. Levius n'ajouta rien cependant, préférant la laisser se concentrer comme il faut. La chose était tout à fait normale et il aurait à cœur d'être bien attentif à ses émotions au cours des heures à venir. Le jeune homme attendit donc qu'elle s'enhardisse à plonger dans la pensine pour la suivre.

Pendant quelques secondes, Levius se senti tomber. Il était entouré de volutes d'encres immatérielles, mais dont l'anarchie s'organisa bien vite pour prendre corps avec le décors de la maisonnette et sa forêt environnante. Abigail était déjà en train de découvrir le mobilier et se familiariser avec l'ambiance de l'endroit, quand il arriva. Il la regarda faire sans mot dire, attentif à ses réactions plus qu'au reste. Abigail devait explorer l'environnement à son rythme, mais le jeune homme était là pour l'épauler si nécessaire.
Après un moment à tourner en rond dans la petite pièce, Abigail prit sur elle d'ouvrir la porte et d'observer l'environnement extérieur. Tout était calme. On entendait les bruits habituels de la forêt, avec ses hiboux, ses chouettes et le passage de petits animaux tels que les fouines, les campagnols et autres rongeurs inoffensifs. Il n'y avait rien d'anormal, rien d'inattendu, juste l'atmosphère (un brin inquiétante) d'une forêt de nuit. Le ciel, quand à lui, était couvert. On ne voyait pas la lune, par conséquent, tout était sombre.
Levius approcha d'Abigail.

« Comment te sens-tu ?

S'enquit-il. Il tenait en main sa baguette de bouleau et fit quelques pas au milieu de la forêt, éclairant les arbres à la lueur d'un « lumos » à la clarté bleuâtre.

« Par là bas la forêt se dégage. Il y a une petite colline qui permet de voir assez loin... Par là on tombe sur une clairière où l'on peut voir passer un groupe de chevreuil. Et... Par ici c'est un chemin tranquille, sans rien de particulier.

Il lui décrivait toujours avec application ce qui devait arriver afin qu'elle ne soit pas surprise ni prise au dépourvu. Selon l'expérience qu'Abigail souhaitait avoir, elle pourrait ainsi choisir. Cela dit, il restait aussi la possibilité du banc flanqué contre la façade de la cabane, à deux pas de la porte, pour les longues contemplations.

« Tu te rappelles de cette fois où on s'en est allé dormir dans la forêt, près de la ferme, Abi ? C'était l'année avant que j'entre à Poudlard. On avait passé l'après midi à construire une cabane et le soir venu, on s'était dit qu'on ne serait pas de vrais aventuriers si on ne passait pas la nuit au milieu des bois.

Levius invoquait ce souvenir car il était heureux. Les deux enfants s'étaient glissés hors de leur lit à l'insu des adultes et de leurs frères et sœurs pour accomplir leur méfait. Ils avaient marché un moment, avant de se perdre et paniquer. Heureusement, la fortune les avait remis sur le bon chemin et ils trouvèrent quand même leur cabane. Toutefois, la peur était terrible et ils finirent par paniquer. Par chance, le grand-père avait tout à la fois constaté leur disparition et eut la présence d'esprit de savoir où chercher. Les deux garnements s'étaient fait salement réprimandé, mais après une telle frayeur, ça leur était bien égal. Quelques jours plus tard, la bêtise était déjà oubliée et l'un, comme l'autre, riait de cette mésaventure.



Pensine
Revelio:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hungcalf.forumactif.com/t10862-levius-bird-nerd-is-the-new-sexy#237349
En ligne
avatar
Abigail Dowell
☙ Tiny Cute Dragonborn ❧
›› parchemins postés : 2926
›› miroir du riséd : Lauren Mayberry
›› crédits : mich
›› multinick : Vilagrippa
›› dispo RP : Disponible
BOTANIQUE ET MAGIZOOLOGIE
›› âge : 25 ans
›› situation : Célibataire
›› années d'études : 8ème année
›› options obligatoires & facultatives : Options Obligatoires :
Botanique, Soins aux créatures magiques, Astronomie
Options Facultatives :
Dragonologie, Sortilèges, Métamorphose, Défense contre les forces du mal
›› particularité : Animagus
›› nature du sang : sang-mêlé
›› gallions sous la cape : 3879

carte de sorcier
mes clubs:
mes liens :
DATE: Ven 14 Sep 2018 - 11:02 Sujet: Re: Diving deeply

J'avais conscience de ne pas être seule dans cet endroit, pourtant, mon esprit avait occulté la présence de Levius dans mon dos. Aussi, il se faisait discret, ce qui m'aidait à mieux m'immerger. Savoir qu'il était non loin me rassurais, toutefois, j'aurai aimé pouvoir affronter véritablement tout ça seule… car j'avais toujours ce désir de ne déranger personne, même dans des conditions pareilles. Alors, je me souvenais que dans le parc, lors de nos retrouvailles, il m'avait dit vouloir m'accompagner, et que je ne le forçais en rien.
Prenant donc sur moi, je continuais à observer la forêt qui s'étendait devant la cabane avec une certaine appréhension. Déglutissant nerveusement, je réussissais à articuler quelques paroles, me donnant l'impression de parler dans un rêve, comme si ma voix était aussi lointaine que proche.

- Nerveuse… Même si l'endroit me rassure dans un sens, j'ai la crainte de le voir apparaître à tout instant, qu'il me saute dessus par surprise… La forêt et la nature que j'appréciais tant avant me terrorise aujourd'hui… je suis coupée en deux.

Je n'avais pas besoin de faire un dessin à Levius pour qu'il puisse comprendre à quel point ce que je ressentais était une déchirure. Lorsque nous étions petits, c'était moi qui passais le plus clair de mon temps à explorer, et il savait à quel point la nature et les animaux me rassuraient, à quel point j'avais un don pour comprendre ce que le commun des mortels ne pouvaient même pas acquérir. Il savait que lorsque j'étais dépassée et nerveuse, mon premier réflexe était de courir dans une contrée sauvage pour me calmer, ça avait toujours été ainsi. Depuis enfants, jusqu'à mon accident. Obtenir ma forme Animagus n'avait été qu'une suite logique de ma vie pour davantage m'imprégner de ce que j'aimais, et de ce qui me rassemblait, de ce qui faisait que j'étais moi.

Le regardant faire quelques pas, je l'écoutais m'indiquer les directions alors que mes yeux se figèrent sur la lumière bleuté de son Lumos, mais surtout, des nouvelles formes qu'elle générait autour de nous. L'ambiance n'était alors plus aussi fixée que tout à l'heure, au moindre mouvement de son bras, tout bougeait autour de moi, les ombres dansaient et les arbres se mouvaient comme des danseurs invoquant mon châtiment. J'avais l'impression d'être prise dans une spirale hypnotique et qu'à tout instant mon bourreau allait me sauter dessus.
Alors, sans oser sortir tout de suite de l'encadrement de la porte et de la cabane, je restais obstinément accroché à son bois, comme s'il s'agissait du bouclier qui allait me sauver la vie. Je savais que je devais prendre une décision, de la direction à prendre. Encore une fois à l'époque, ça m'aurait été facile à prendre… mais maintenant c'était un véritable problème mathématique à plusieurs inconnues : je n'y comprenais rien et malgré toute ma bonne volonté, j'étais incapable de savoir ce que je devais faire.

Lorsque la voix de mon ami s'éleva à nouveau et m'enveloppa, je réussissais à me concentrer assez pour me souvenir de l'anecdote qu'il était en train de me conter. Il avait 10 ans à cette époque, j'en avais 3 de moins. Pourtant, entre nous, ça n'avait jamais fait de différence. Nous étions tous les deux en marge de la société, et pouvoir nous retrouver était toujours à chaque fois synonyme de joie, et de bêtise, comme cette nuit au milieu des bois.
J'avais eu l'une des plus grandes peur de ma vie ce jour-là, et pourtant, je m'en étais remise sans la moindre difficulté une fois grondée, puis rassurée par mes parents, et les grands-parents de Levius.
"De vrais aventuriers". Ce terme me fit sourire simplement à son évocation. Je me souvenais que nous avions utilisé exactement ces mots lorsque nous étions enfants et que notre idiotie mûrissait à l'unisson dans nos esprits juvéniles.

Pourtant, cette excursion nous avait appris la prudence, à réfléchir avant d'agir, à mesurer le pour et le contre, à ne pas foncer tête baissée. Les fois suivantes, car nous avions réitéré, nous avions été mieux préparé, et nous ne nous sommes plus jamais perdus. J'avais appris à me repérer, à toujours observer autour de moi pour trouver un détail qui allait me permettre de ne plus m'égarer. C'était ainsi que mon instinct avait commencé à véritablement se développer, pour ne cesser de croître et de grandir jusqu'à devenir ce qu'il était aujourd'hui. Et c'était ce qui m'avait toujours maintenue en vie lors de mes expéditions nocturnes dans la forêt avoisinant Hungcalf ou durant mes séjours à l'étranger pour observer les dragons sauvages.
Je ne l'avais anesthésié qu'une seule fois, et ça m'avait coûté cher. Ainsi, avant tout, je devais essayer de retrouver cette assurance et réapprendre à écouter cette petite voix au fond de moi qui me guidais depuis si longtemps et qui me permettait d'accomplir toutes ces raisons d'être.
Prenant une profonde inspiration pour retrouver mon calme, je réussissais à me redresser, et très lentement, à faire un pas en avant et à me détacher de la cabane, comme si je me jetais à la mer sans bouée. Maintenant, il fallait que je me souvienne comment nager.

- Allons par-là alors…

Des propositions qu'il m'avait faites, j'avais choisi de prendre la clairière et les chevreuils. Ça pouvait paraître apaisant pour n'importe qui mais moi, je me lançais directement dans le cul du diable. Ce qui m'avait mené au loup-garou était le cadavre d'une biche. Les chevreuils étaient un mets du lycan. En prenant cette direction, je prenais volontairement et consciemment la direction du danger. Ce n'était peut-être pas le raisonnement le plus sage à faire pour un premier voyage dans un souvenir de pensine, mais, j'avais un élan de courage. Je voulais essayer d'en profiter. À moins que ce ne soit le même courage suicidaire qui m'avait poussé à faire face à la créature… mais aussi à sauver la vie d'Aislin. Je fronçais un peu les sourcils, intriguée encore une fois par cette contradiction de faits et de gestes.
Prenant garde à marcher silencieusement au milieu des bois comme j'avais appris à le faire, je tournais un instant le regard vers Levius. Son visage et ça présence me rassérénaient.

- Dis… est-ce que le courage est une forme d'inconscience ?




FicheLiens
PensineTableaux


Revelio:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hungcalf.forumactif.com/t9691-c-est-beau-c-est-frais-c-est-transparent
En ligne
›› parchemins postés : 153
›› miroir du riséd : Jeremy Irvine
›› crédits : /
›› multinick : Thomas Cioban
SORCIER SALARIE
›› âge : 28 ans
›› situation : Célibataire
›› nature du sang : sang-mêlé
›› gallions sous la cape : 396

carte de sorcier
mes clubs:
mes liens :
DATE: Ven 14 Sep 2018 - 11:36 Sujet: Re: Diving deeply

Levius écouta Abigail sans mot dire. Il comprenait ce qu'elle était en train d'exprimer : elle qui se sentait si proche de la nature naguère, n'était-ce pas une terrible injustice que de la craindre aujourd'hui ? La peur avait ce caractère stimulant, à l'heure de l'enfance. On voulait la conquérir pour mieux la dépasser... Mais quand le doigt se brûle à la flamme, c'est comme un rappel à l'ordre.
On se souvient que le danger n'est pas imaginaire et que l'on s'enhardit parfois au prix d'un réel coûteux. Comme une scène vivante de l'enfant qui criait au loup, sans doute. Abigail réalisait que la forêt n'était pas un terrain conquit, qu'il y avait toujours des méchants dans l'ombre et qu'il n'est nul sanctuaire véritable que celui du cœur (si tant est qu'il ne nous trahisse pas).
Maintenant que le loup avait mordu, l'insouciance était défendue à la jeune femme. Elle ne pourrait plus aller sans y penser, mais elle pourrait aller quand même : c'est ce que Levius espérait pour elle. Il connaissait assez bien les troubles anxieux pour n'espérer aucun miracle... Mais il croyait à la vertu du temps et de la compassion.

Les deux jeunes gens restèrent un moment dans une pénombre mise en mouvement par la clarté bleuâtre du sortilège. Il faisait danser les ombres à chaque pas, Levius. Le halo protecteur de lumière les cernait, comme une bulle, tout en accentuant les formes absurdes et inquiétantes de la nature.
Quand Abigail décida finalement d'une direction, le garçon mit à mort ce théâtre d'ombre d'un « nox » murmuré. Ils auraient moins de peine à aller dans les bois une fois leurs yeux habitués à la pénombre. Levius ne connaissait pas la symbolique des chevreuils pour Abigail, mais sa remarquable intuition lui avait intimé d'en inclure dans son souvenir. Il ne pouvait pas expliquer pourquoi cette idée lui était venue, mais les années d'amitié lui avaient démontré que l'on brille parfois d'un instinct remarquable à l'endroit de ses proches, pour peu que l'on soit assez attentif : cela faisait bien longtemps que ces deux jeunes gens avaient appris à communiquer au delà des mots.

Après un moment de marche silencieuse, Abigail s’enhardit à questionner Levius sur le courage et l'inconscience. Pendant un bref moment, le jeune homme se tut pour s'interroger sur le raisonnement dont procédait cette question, mais il en vint finalement à la conclusion (logique) que cela devait avoir à voir avec le déroulement des événements. Il sourit donc dans l'ombre et s'autorisa à regarder Abigail (la pénombre atténuait la peine qu'il avait à fixer les autres de front).

« La témérité sans doute, mais probablement pas le courage. Murmura-t-il. Le courage, c'est ce que l'on a quand on dépasse sa peur, parce que l'on sait ce que l'on a à faire, en dépit des risques.

Il savait qu'ils arriveraient bientôt sur le passage des chevreuils alors, d'instinct, Levius s'en alla chercher la main de son amie et la garda dans la sienne.

« La témérité se passe de peur, c'est de là que naît l'inconscience. Continua le garçon, toujours à voix basse. Il ne faut pas craindre sa propre peur, Abi. C'est l'arme que t'a donné la vie pour te protéger. Si elle s'emballe en ce moment, c'est parce que tu as trop souffert... Mais elle reste ton alliée et le sera toujours, une fois que tu te seras apaisée.

Ce n'est qu'à ce moment que Levius s'autorisa à détourner le regard. Ses yeux azur, rendus gris par la pâleur de la nuit, scrutaient l'ombre vivement. Il semblait un de ces animaux alertés par un bruit quelconque et dont on ignore l'origine.
Le jeune homme resserra alors doucement son emprise sur la main de la jeune femme, afin de lui faire comprendre qu'il était temps de s'arrêter. Il maintint ensuite haut et droit son regard sur la clairière qui s'étendait désormais devant eux. Des formes noires commençaient à se détacher des fûts et des feuilles, prudentes... Silencieuses.



Pensine
Revelio:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hungcalf.forumactif.com/t10862-levius-bird-nerd-is-the-new-sexy#237349
En ligne
avatar
Abigail Dowell
☙ Tiny Cute Dragonborn ❧
›› parchemins postés : 2926
›› miroir du riséd : Lauren Mayberry
›› crédits : mich
›› multinick : Vilagrippa
›› dispo RP : Disponible
BOTANIQUE ET MAGIZOOLOGIE
›› âge : 25 ans
›› situation : Célibataire
›› années d'études : 8ème année
›› options obligatoires & facultatives : Options Obligatoires :
Botanique, Soins aux créatures magiques, Astronomie
Options Facultatives :
Dragonologie, Sortilèges, Métamorphose, Défense contre les forces du mal
›› particularité : Animagus
›› nature du sang : sang-mêlé
›› gallions sous la cape : 3879

carte de sorcier
mes clubs:
mes liens :
DATE: Ven 14 Sep 2018 - 18:21 Sujet: Re: Diving deeply

Je me sentais mieux alors que la baguette n'éclairait plus notre chemin. Dans le noir, j'étais à l'aise, mes yeux s'habituèrent rapidement à l'environnement. Au moins ça, je ne l'avais pas perdu. Voyant que me question le fit sourire, j'étais presque intimidée de le voir me regarder. C'était si rare que j'en sentais une petite vague d'émotion chaude me submerger l'estomac. Ce n'était pas désagréable au contraire, c'était comme pouvoir obtenir une récompense si durement méritée. Au moins, ce geste si banal pour n'importe qui était une exception chez Levius. C'était aussi ce que j'appréciais chez lui, le normal ne l'était plus. Ça avait quelque chose de rassurant et d'énigmatique.
Me concentrant sur ses paroles, j'essayais de me représenter la nuance, non sans difficulté. À me passer en boucle le soir de l'accident, j'en venais à vouloir comprendre si ce qui m'avait poussé à agir avait été du courage, de la témérité, de l'inconscience ou tout simplement de la bêtise. Tentant de mettre de l'ordre dans les mots et les significations, je fronçais légèrement les sourcils.

- Je ne veux pas fuir ma peur, au contraire, je souhaite lui faire face …

Observant un instant de silence à cause du capharnaüm de mes pensées, je reprenais tranquillement, dans un murmure.

- J'essaie simplement de comprendre ce qui m'est arrivé… ce qui m'a poussé à agir ainsi. Certes, ça a sauvé mon amie mais ça ne m'a pas protégé moi.

Relevant mon visage sur lui, je le questionnais une nouvelle fois.

- Comment est-ce que tu interprètes ça ?

Sans doute en demandais-je un peu trop. À force de tout ressasser, je me posais sûrement les mauvaises questions. Je savais depuis longtemps que j'étais capable de prendre des risques, notamment sous la forme Animagus ou encore avec les dragons. Des fois, j'agissais sans réellement réfléchir à ce qui pouvait m'arriver… et le pire dans cette histoire, c'est que j'aurai sans doute été moins traumatisée si un dragon m'avait brûlée vive plutôt que ce loup-garou qui m'avait réduite en charpie. C'était une ironie du sort que je trouvais presque cruelle.

Pourtant, lorsque Levius détourna le regard, j'en fis de même. Parler ne m'empêchait pas d'être prudente et à l'affut, bien au contraire. Avec un nouveau petit plaisir je constatais que ça aussi, je ne l'avais pas perdu. Mentalement, j'arrivais à rajouter des petits morceaux dans la soucoupe qui commençaient à faire pencher la balance face à mon angoisse. Je constatais que je n'étais peut-être pas si morcelée que ce que je craignais, et que donc, j'avais de bonnes chances de pouvoir guérir, et redevenir celle que j'étais auparavant. Tout du moins, c'est ce que j'espérais profondément, mais je ne voulais pas me faire de faux espoirs. Je devais avancer pas à pas, tranquillement, sans brûler les étapes. Le résultat n'en serait que plus catastrophique.
La chaleur de la main de mon ami me permettait d'avoir le courage de ne pas faire volte-face, car cette idée m'avait traversé l'esprit. Comme si cette peur dont il venait de me parler voulait être ma plus grande alliée et qu'elle me dictait de me mettre à l'abri. Ça aurait dû être le cas durant 25 ans, néanmoins, ma curiosité et ma soif d'apprentissage avaient toujours été plus fortes. Voilà pourquoi, tant bien que mal, j'arrivais à rester sur place. Figée et apeurée, mais sur place.

La clairière s'étendait juste devant nous. Cette ambiance me rappelait la nuit que j'avais passée avec Thomas, et inconsciemment, je cherchais l'animal que nous avions aidé à ce moment. Je m'attendais presque à voir apparaître des centaures. Ce souvenir aussi heureux que dangereux réussissait à étirer mes lèvres en un petit sourire satisfait. Ce soir-là, dans la pensine, n'allait pas se passer de manière si différente. Il n'allait pas y avoir de loup-garou, ni de danger d'aucune sorte. Durant un court instant, je ressentais une pleine confiance m'envahir. Ce fut une vague particulièrement rassurante, jusqu'à ce qu'elle disparaisse comme elle était venue alors que je voyais les formes noires s'approcher de nous et se détacher du bois.
Cette fois, la peur fut plus forte. Lâchant la main de mon ami, je plongeais tête la première dans un buisson, disparaissant totalement. Être petit, ça avait ses avantages insoupçonnés. Je sentais ma respiration s'accélérer et se saccader. Pourtant, je gardais le courage, ou l'inconscience, de regarder ce qui se déroulait devant nous. Les formes se détachèrent pour finir par devenir plus nets, plus distinctes. J'y voyais enfin les chevreuils, silencieux, gracieux et élancés. J'en soupirais en fermant un instant les yeux, me murmurant que j'étais la dernière des idiotes.
Pourtant, une branche craqua non loin. J'ignorais si ça avait été un chevreuil, Levius ou un loup-garou, et je ne cherchais pas à le savoir. Je m'enfonçais davantage dans mon buisson en me sentant commencer à trembler.




FicheLiens
PensineTableaux


Revelio:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hungcalf.forumactif.com/t9691-c-est-beau-c-est-frais-c-est-transparent
En ligne
›› parchemins postés : 153
›› miroir du riséd : Jeremy Irvine
›› crédits : /
›› multinick : Thomas Cioban
SORCIER SALARIE
›› âge : 28 ans
›› situation : Célibataire
›› nature du sang : sang-mêlé
›› gallions sous la cape : 396

carte de sorcier
mes clubs:
mes liens :
DATE: Ven 14 Sep 2018 - 19:07 Sujet: Re: Diving deeply

Levius laissa quelques secondes s'égrainer afin de réfléchir à ce qu'il pensait des aveux d'Abigail. Il prenait le temps de considérer ses dires plutôt que de s'élancer dans une réponse spontanée, car il voulait être certain de formuler les choses comme il fallait et d'avoir bien pris le temps de se mettre à sa place.

« Prenons le problème sous un autre angle... Comment penses-tu que tu te sentirais, aujourd'hui, si tu ne t'étais pas interposée ?


Abigail aurait-elle préféré garantir sa propre sécurité avant celle de son amie ? Le jeune homme la connaissait bien assez pour anticiper sa réponse. Il lui proposa néanmoins le problème afin qu'elle y réfléchisse. Car, au fond, il se pouvait bien qu'Abigail regrette effectivement d'avoir tant donné de sa personne. C'était une chose que Levius était prêt à entendre, car il n'avait (de toute façon) aucune intention de la juger. Il connaissait assez bien la nature humaine et ses failles pour compatir à des sentiments de ce type (ceux que l'on qualifie grossièrement de « mauvais » par manque d'empathie et de compréhension des mécanismes qui régissent l'âme).
Quand à qualifier cet acte, le commun s'accorderait à parler d'héroïsme, mais Levius savait qu'Abigail ne voudrait pas d'un tel terme, alors il ne lui proposa pas... Il n'en pensait pas moins néanmoins et de la voir si forte (en dépit des tremblements et des pleurs) l'impressionnait d'une manière qu'il ne connaissait pas.
Cependant, tout ceci demeurait une interprétation des faits basée sur les valeurs morales de la société dans laquelle ils vivaient. Il n'y avait nulle vérité intrinsèque à trouver dans cet événement, nulle étiquette absolue à épingler sur sa poitrine, comme une définition parfaite des faits à laquelle elle pourrait se raccrocher. Il fallait qu'elle écrive sa propre histoire, avec ses mots à elle.

« Tu repenses à cela dans des moments où tu es en sécurité et en pleine possession de tes capacités intellectuelles... Mais dans le feu de l'action, on ne réfléchit pas à ce que l'on fait. Tout va trop vite. Il n'y a plus de courage ou de lâcheté... On agit par instinct et c'est pourquoi le résultat nous choque souvent, à posteriori.

Poursuivit-il à voix basse. Certains s'interposaient, d'autre fuyaient quand les derniers se figeaient simplement, incapables. Personne n'était en mesure de prédire quelle serait la réaction des uns et des autres face au danger. Ces choses là dépassaient les hommes et les hommes (bêtes rationalisantes, mais fort peu rationnelles) détestaient le constater.

« Quelle question te reste, à la fin ? S'enquit Levius dans un souffle. Pourquoi toi ? Pourquoi t'en es-tu sortie ?

Le sens, toujours la question du sens.

Le garçon et la jeune femme ne bougeaient plus désormais. Ils faisaient face à la clairière, en attendant que passent les invités d'ombre. Le regard azur de Levius scrutait désormais les formes mouvantes, mais il ne pensait qu'au contact tiède de la main d'Abigail dans la sienne.
Contact qu'elle rompit après un moment. La peur venait de la déborder comme un torrent en furie. Elle cherchait une cachette où terrer ses angoisses. Disparaître, ne plus exister, pour que le méchant loup ne la voit pas. Levius n'attendit pas pour s’accroupir à côté d'elle. Posant ses mains sur les épaules de la jeune femme, il vint doucement coller son front contre le sien et murmura de cette voix douce qui le caractérisait :

« Il n'y a que nous deux. Tout va bien, je te le promet.


Elle tremblait sous ses doigts : le jeune homme sentit sa peur le gagner par capillarité. Il sentait une vague froide grimper depuis ses bras jusque dans sa nuque et le mordre furieusement. Ce n'était pas sa peur à lui, mais celle d'Abigail. Levius le savait : il reconnaissait sans peine les châtiments infligés par son empathie exacerbée. Fermant les yeux afin de mieux contrôler le flux de ses propres émotions, le jeune homme poursuivit donc d'un calme olympien (en apparence).

« Tu n'as qu'un mot à dire pour sortir d'ici. On a tout le temps. Promis, on a tout le temps.



Pensine
Revelio:
 


Dernière édition par Levius Bird le Ven 14 Sep 2018 - 20:58, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hungcalf.forumactif.com/t10862-levius-bird-nerd-is-the-new-sexy#237349
En ligne
avatar
Abigail Dowell
☙ Tiny Cute Dragonborn ❧
›› parchemins postés : 2926
›› miroir du riséd : Lauren Mayberry
›› crédits : mich
›› multinick : Vilagrippa
›› dispo RP : Disponible
BOTANIQUE ET MAGIZOOLOGIE
›› âge : 25 ans
›› situation : Célibataire
›› années d'études : 8ème année
›› options obligatoires & facultatives : Options Obligatoires :
Botanique, Soins aux créatures magiques, Astronomie
Options Facultatives :
Dragonologie, Sortilèges, Métamorphose, Défense contre les forces du mal
›› particularité : Animagus
›› nature du sang : sang-mêlé
›› gallions sous la cape : 3879

carte de sorcier
mes clubs:
mes liens :
DATE: Ven 14 Sep 2018 - 20:30 Sujet: Re: Diving deeply

Ce que disait Levius forçait mon esprit à voir la situation sous un autre angle. Et même si c'était un exercice difficile à faire pour moi en ce moment, je faisais des efforts pour y parvenir. Je m'en voulais de ne pas avoir su protéger totalement Aislin. Par ma faute et mon incompétence, elle avait été griffée. Par mon inattention et mon imprudence, elle avait aussi été hospitalisée. Même si elle s'en sortait avec une seule griffure au ventre, c'était déjà trop pour moi. La réponse donc à la question était simple, et je savais que mon ami s'en doutait déjà. Pourtant, je ressentais le besoin étrange de le formuler, comme si me l'entendre dire allait me permettre d'écarter des possibilités superflues. Ainsi, j'y verrai plus clair.

- Je me sentirais bien plus mal que je ne le suis aujourd'hui.

Je n'avais au fond pas besoin de beaucoup d'imagination pour être certaine de mes propos. Le simple fait qu'Aislin ait taché ses vêtements de son propre sang me faisait me maudire sur des générations. Je prenais l'entière responsabilité de tout ce qui était arrivé, malgré tout ce qui entrait en compte et que Levius m'avait déjà énuméré. Je m'en voulais terriblement, alors que j'avais agis. En réalité, j'imaginais sûrement très mal l'état dans lequel je serai aujourd'hui si je n'avais pas agis. Au-delà du fait que ce n'était qu'une inconnue parce que je ne l'avais pas vécu, c'était sans doute inimaginable. La douleur et le poids de la responsabilité m'auraient sans doute anéantie.

Le pragmatisme dont faisait preuve Levius me faisait du bien. C'était des mots que j'avais besoin d'entendre. Ça avait déjà été le cas avec Adoración, Aislin et même Nora. Mais en entendre plusieurs versions me permettait de véritablement encrer l'information en moi, pour la graver et être certaine que je ne puisse plus la négliger. Je savais bien que dans le feu de l'action, nous agissions sans réfléchir, par pur instinct. L'entendre me permettait d'effacer mes questionnements sur ce courage, cette témérité, ou cette idiotie qui m'avait poussé à le faire. Je l'avais fait. Point. J'avais sauvé Aislin d'une mort plus que probable, et elle m'avait tiré in-extremis des griffes du passeur à son tour. Nous étions quittes, et pourtant, je me sentais toujours redevable à son encontre. Je ne savais pas comment me faire pardonner, alors qu'il n'y avait plus rien à pardonner. Je secouais alors légèrement la tête.

- Non en fait… je ne me pose pas cette dernière question. Nous nous en sommes sorties toutes les deux… et même si des fois je peux agir de manière irréfléchie, je ne veux pas mourir. Tu le sais bien.

Soupirant par le nez, j'essayais de ne pas me poser ces autres questions futiles du genre : pourquoi est-ce qu'il était tombé sur moi et pas un autre. Pourquoi n'avais-je pas utilisé ma baguette plutôt que d'utiliser mon instinct animal ?
Les réponses étaient les mêmes que précédemment. Parce que j'avais agis ainsi, parce que c'était ainsi. Des fois, je n'étais plus certaine que le hasard puisse exister, en revanche, la fatalité était belle et bien présente.

Mais tous ces beaux discours furent balayés par la peur qui venait prendre possession de moi comme deux mains squelettiques qui s'amusaient à me caresser de leur touché glacé. C'était ce qui me faisait trembler, et heureusement, le corps chaud de Levius ne tardait pas à venir me réchauffer l'âme. Ses mains posées sur mes épaules, je sentais son front venir à la rencontre du mien. Comme connectée, j'osais fermer les yeux pour mieux m'imprégner de ces mots doux et rassurants. Pourtant, malgré ma terreur, je n'osais pas m'accrocher à lui, je ne m'appuyais même pas contre lui. Je l'avais fait au parc, mais au fond, je n'étais pas une personne qui avait sans cesse besoin de contact physique, ou qui avait besoin d'un pilier sur lequel s'appuyer. Ça m'arrivait bien sûr, comme tout à chacun, mais si peu désireuse de m'imposer à l'autre, j'essayais de rester seule par la seule force de ma volonté. Qui plus est, je ressentais toute l'empathie de mon ami au son de sa voix et à sa proche proximité. Je le connaissais bien, et je savais repérer ses propres luttes, comme il voyait et ressentait les miennes. Même s'il m'en avait donné l'accord, je me refusais de le surcharger d'émotion. Encore une fois, j'agissais avec lui comme je l'avais fait avec Aislin, même si la situation était légèrement différente.

Cependant, ce qu'il disait était comme un coup de fouet à mon esprit. Sans doute de la fierté mal placée. Je tremblais, je sentais la peur gagner mes tripes et faire monter les larmes à mes yeux. Mais la guerrière en moi refusait d'abdiquer. C'est d'une voix cassée que je réussissais à répondre, sans m'éloigner cependant, gardant contact avec lui comme s'il était mon phare dans la nuit. La seule chose qui me raccrochait encore à la raison et qui m'empêchait de céder à la panique et à l'illusion.

- Il faut rester… il… faut tenir…

Si un jour je devais accoucher d'un enfant, j'étais certaine que la sensation serait similaire à ce que j'étais en train de vivre présentement. J'avais l'impression que mes tripes essayaient absolument d'évacuer mon corps. Je me disloquais, et il n'y avait que Levius qui me permettait de rester un minimum rassemblée.
J'ignorais combien de temps nous restions ainsi collés l'un à l'autre. Sans doute trop longtemps pour mon ami, et je m'en voulais de lui infliger une telle épreuve. Plus les minutes s'écoulèrent, moins mes tremblements se firent ressentir. Ma respiration initialement saccadée finit par se calmer, et bien qu'elle restait bruyante, je réussissais à la retrouver régulière. Essayant le tout pour le tout, je fermais les yeux pour m'imprégner encore une fois de l'ambiance de la forêt. À l'époque, c'était quelque chose qui me gagnait et me faisait du bien. Je ne voulais pas que ça change.




FicheLiens
PensineTableaux


Revelio:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hungcalf.forumactif.com/t9691-c-est-beau-c-est-frais-c-est-transparent
En ligne
›› parchemins postés : 153
›› miroir du riséd : Jeremy Irvine
›› crédits : /
›› multinick : Thomas Cioban
SORCIER SALARIE
›› âge : 28 ans
›› situation : Célibataire
›› nature du sang : sang-mêlé
›› gallions sous la cape : 396

carte de sorcier
mes clubs:
mes liens :
DATE: Ven 14 Sep 2018 - 21:32 Sujet: Re: Diving deeply

Ce que Levius supposait venait d'être confirmé par les paroles d'Abigail. La jeune femme exprimait par sa culpabilité une tendance naturelle qu'elle avait à porter sur ses épaules la responsabilité des choses négatives qui advenaient, sans prendre le temps de s'attribuer le mérite des bonnes. Cet accident tragique prenait forme en empreinte sur sa peau désormais, forme façonnée par ce caractère incapable de tourner son agressivité intrinsèque vers autre chose que soi même. Levius n'en était pas surpris, car il savait que son amie d'enfance était comme cela. Cependant, il savait aussi qu'elle finirait par s'en sortir car elle avait toujours fait preuve de volonté. Ce n'était qu'une question de temps et de patience.
Mais Abigail n'était pas au bout de ses peines, loin de là. Il suffisait d'observer la posture qui était la sienne désormais. Assise à même le sol, tremblante, elle luttait contre quelque démon intérieur, sursautant à chaque craquement de branche ou bruissement furtif. Les deux jeunes gens avaient beau se trouver dans un souvenir, cela ne suffisait pas à calmer le flot d'anxiété qu'elle ressentait en cet instant. Son combat intérieur se poursuivait en ce moment même : une nouvelle bataille à mener.

Levius restait près de la jeune femme pour la soutenir. Toutefois, il finit par éprouver le besoin de se détacher d'elle, afin de n'être pas totalement dépassé par le flot des émotions qu'elle ressentait (il peinait déjà à empêcher des larmes de se former aux coins de ses yeux). Tout ceci ne lui appartenait pas, mais c'était un garçon sensible et la douleur des autres (plus encore lorsqu'il s'agissait d'amis proches comme Abigail) l'atteignait toujours de plein fouet. Il n'y pouvait rien. Sa nature était ainsi faite.
Il attendit donc un moment, le temps que la respiration de sa compagne d'infortune se calme. Un long moment... Alors, doucement et bien après qu'elle ait assuré vouloir lutter encore un peu, il relâcha l'emprise sur ses épaules et se laissa retomber en tailleur sur le sol. Il était toujours près d'elle, mais sans la toucher pour autant. Il savait qu'elle allait mieux (par rapport aux dix dernières minutes) mais qu'il lui faudrait peut-être encore un moment pour trouver la force de se relever et regarder autour d'elle.

Levius l'observa sans mot dire pendant une minute supplémentaire. Puis, doucement, il se mit à fredonner un air : Let It Be. Pourquoi une chanson ? Parce-que ce jeune homme avait travaillé avec des enfants et qu'il ne connaissait rien de plus efficace pour chasser la peine qu'une chanson... Parce-que Abigail et lui s'étaient connu grâce à la musique et qu'il pensa que cela lui ferait plaisir de l'entendre chanter après toutes ces années.
Levius était, au demeurant, un excellent musicien mais, timide, il chantait rarement en public. La chose était réservée à ses proches et aux plus jeunes, mais c'était tout. Il chantait juste et son timbre était agréable, mais rien n'y faisait. Cependant, au milieu de cette forêt, il ne craignait rien.
Il fredonna donc doucement à l'attention d'Abigail, comme une invitation à lever les yeux. Ses mains se levèrent devant lui : il mima la partition au piano avec une grande dextérité (et ce fut comme si l'on pouvait entendre la musique). Peu à peu, ce qui n'était qu'un murmure s'éleva et il articula distinctement les premières paroles.

« When I find myself in times of trouble, Mother Mary comes to me
Speaking words of wisdom, let it be...
And in my hour of darkness she is standing right in front of me
Speaking words of wisdom, let it be...


Le jeune homme n'avait pas choisi cette chanson au hasard. Elle était entraînante, elle parlait des temps difficiles et de la manière dont on se relève. Levius la chantait pour Abigail : ses mains mimaient la mélodie, tandis que ses yeux bleus cherchaient ceux de la jeune femme, pour l'inviter à l'accompagner. Il devenait plus confiant à chaque phrase (car la musique avait ce pouvoir sur lui, quand il osait se lancer).

« Let it be, let it be, let it be, let it be...
Whisper words of wisdom, let it be...


Let it be:
 



Pensine
Revelio:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hungcalf.forumactif.com/t10862-levius-bird-nerd-is-the-new-sexy#237349
En ligne
avatar
Abigail Dowell
☙ Tiny Cute Dragonborn ❧
›› parchemins postés : 2926
›› miroir du riséd : Lauren Mayberry
›› crédits : mich
›› multinick : Vilagrippa
›› dispo RP : Disponible
BOTANIQUE ET MAGIZOOLOGIE
›› âge : 25 ans
›› situation : Célibataire
›› années d'études : 8ème année
›› options obligatoires & facultatives : Options Obligatoires :
Botanique, Soins aux créatures magiques, Astronomie
Options Facultatives :
Dragonologie, Sortilèges, Métamorphose, Défense contre les forces du mal
›› particularité : Animagus
›› nature du sang : sang-mêlé
›› gallions sous la cape : 3879

carte de sorcier
mes clubs:
mes liens :
DATE: Ven 14 Sep 2018 - 23:16 Sujet: Re: Diving deeply

Je ne tenais pas rancune à Levius qui finissait par s'éloigner. Le contraire m'aurait étonnée en fait. De ce fait, je restais recroquevillée sous mon buisson, me laissant aller contre l'arbre juste à côté de moi. Ainsi appuyée, j'étais littéralement dans les bras de Mère Nature tandis que mon ami d'enfance restait non loin, comme une ombre bienveillante. Maintenant que j'avais réussi à me calmer, j'essayais de faire en sorte que mon esprit d'analyse soit plus fort que ma peur. Je gardais alors les yeux fermés pour me concentrer sur les bruits environnants, encore une fois.
J'entendais tout d'abord les craquements du tronc contre moi, ses branches bouger lentement au gré du vent, agitant son feuillage touffu. Je sentais les insectes voyant leur buisson-maison perturbés me grimper dessus comme pour manifester leur mécontentement. Au loin je pouvais entendre les chevreuils passer leur chemin sans prêter attention à notre présence. Les sabots martelaient tranquillement le sol tandis qu'ils broutaient au passage. Un hululement dans un arbre m'interpella, j'avais l'impression que George était ici aussi, comme pour m'aider… mais si je doutais que ce vieux ronchon en ait quelque chose à faire de mes traumatismes. L'idée que mon animal de compagnie puisse être ici m'aidait aussi.
Et alors que je me sentais presque apaisée dans les bras végétaux du buisson, j'entendais la voix de Levius s'élever comme rarement je l'avais entendu. Il chantait. C'était si exceptionnel que j'en avais envie d'ouvrir les yeux. Mais je ne tenais pas à le mettre davantage mal à l'aise, ou de me surprendre moi-même à le fixer d'un air ahuri. Alors, je prenais sur moi et je restais appuyée contre mon tronc d'arbre, dans mon buisson, recroquevillée. Je laissais les secondes s'écouler, sentant que les derniers fragments de peur cédèrent la place au calme et à l'apaisement.

Mes souvenirs en commun avec l'ex-Lufkin me revinrent en tête. Nous nous étions rapprochés grâce à la musique lorsque nous avions pris des cours ensemble. Je faisais davantage de la guitare que du piano, mais les deux instruments n'avaient guère de secret pour moi qui était particulièrement autodidacte dans cet art. Ce que j'avais surtout travaillé, et encore aujourd'hui, c'était le chant. Le jeune homme savait que j'étais, avec un timbre de voix tout aussi particulier que le sien. Ma voix déjà juvénile au parlé, le devenait encore plus lorsque je chantais, rendant mes sons légers et doux. Je maitrisais parfaitement mes cordes vocales, et je chantais au moins aussi rarement que Levius. Toutefois, beaucoup de personnes avaient déjà essayé de me pousser dans le métier de la chanson. J'avais toujours refusé, trop timide.
À présent, l'idée ne me quittait plus… parce que par le biais de la chanson, j'allais avoir la possibilité de chanter mon amour à Adoración sans révéler notre secret. Et j'étais certaine qu'au moins un chant lui parviendrait. Je chanterai pendant 2 ans, qu'importent les concessions que j'allais devoir faire, mais ça me permettrait de continuer à avoir contact avec elle, dans un sens… Mais notre rupture était encore trop fraiche et douloureuse pour que j'aie osé prendre l'initiative.

Alors, naturellement, sans relever la tête et rouvrir mes paupières, je réussissais à accompagner assez rapidement mon ami d'enfance. Prenant immédiatement la maitrise de ma voix, je formais un duo avec brio dès les premières notes.
À force de prononcer les paroles, je parvenais à relever la tête et à me redresser pour libérer ma cage thoracique. J'avais entretenu ma voix, Levius pouvait le constater sans le moindre mal. Pour finir, j'ouvrais les yeux pour plonger mon regard devenu noir à cause de l'obscurité dans l'équilibre gris du sien. Perdant toute notion du temps et de l'espace ainsi perdue en lui, j'osais pousser mes cordes vocales, me permettant des accords qui ne sont pas d'origines, mais qui se mariaient à merveille avec le thème initial. Je n'étais pas une professionnelle, mais la musique et moi faisions corps presque comme je le faisais avec la nature.
À force, je me sentais si légère que je m'autorisais à exagérer ma voix, lui donnant un timbre de Shakira sur les dernières notes, puis à sourire et partir en un petit rire fluet mais pur. J'en profitais pour détourner le regard et apercevoir alors un buisson d'Ipomées bleues. Je ne pouvais que sourire davantage tandis que je revenais sur mon ami, quelque peu plus légère, ayant presque oublié qu'un loup-garou pouvait me sauter dessus. Presque.

- Alors… votre premier verdict, docteur Bird ?




FicheLiens
PensineTableaux


Revelio:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hungcalf.forumactif.com/t9691-c-est-beau-c-est-frais-c-est-transparent
En ligne
›› parchemins postés : 153
›› miroir du riséd : Jeremy Irvine
›› crédits : /
›› multinick : Thomas Cioban
SORCIER SALARIE
›› âge : 28 ans
›› situation : Célibataire
›› nature du sang : sang-mêlé
›› gallions sous la cape : 396

carte de sorcier
mes clubs:
mes liens :
DATE: Sam 15 Sep 2018 - 10:02 Sujet: Re: Diving deeply

Abigail écouta Levius pendant un petit moment, avant d'oser relever la tête et l'accompagner. L’harmonie s'imposa sur leur duo dès les premières notes. Ils avaient appris les bases de la musique ensemble et ce fut donc tout naturellement que leurs timbres s'accordèrent. Levius baissa un peu sa voix pour donner à Abigail l'exclusivité des notes hautes. Il la laissait mener, s'appliquant à mettre en valeur ses variations comme il pouvait.
Très vite, l'atmosphère pesante de la forêt s'évapora complètement. Les deux jeunes gens se laissaient aller à cette chanson indémodable, amusés en dépit de la pénombre et des bruissements inquiétants qui s'élevaient toujours alentour. Il n'y avait plus rien, si ce n'est des souvenirs agréables et une tiédeur réconfortante du bon moment que l'on partage.

Finalement, la chanson mourut dans un rire que Levius accueilli le cœur chaud. Quand Abigail le regarda, pour l'interroger sur son verdict, le jeune homme plaqua ses mains contre sa bouche d'un geste vif, occultant le sourire qui venait de s'y former. Il rougissait en constatant sa propre audace. Un rire, partagé entre joie et nerf, s'étouffa alors contre ses mains, mais il les baissa finalement l'instant d'après.
Puis, détournant la tête en direction des bois, Levius prit sur lui de dominer les émotions qui lui faisaient tambouriner le cœur. Il se sentait embarrassé d'avoir chanté devant cette jeune femme (même s'il savait qu'elle l'avait apprécié). Son audace envolée, cette introversion qui le caractérisait si bien refaisait surface.

« Je... Pour le moment c'est très encourageant.


Dit-il en observant attentivement un pied de menthe poivrée, comme s'il venait de voir la chose la plus intéressante du monde (ses joues, toujours roses, trahissaient la vérité de ses émotions). Le garçon laissa s'écouler quelques secondes de plus avant de finalement reporter les yeux sur sa montre.

« Je pense qu'on peut s'arrêter là pour ce souvenir.


Dit-il. La pleine lune n'allait pas tarder à se lever et Levius pensait que cela risquait de replonger Abigail dans l'angoisse si elle la voyait. Le jeune homme estima qu'il valait mieux rester sur une note positive pour cette première séance, aussi dissipa-t-il l'effet du charme. Le décors s'affadit aussitôt, comme autant de volutes d'encre et, en une seconde ou deux à peine, ils étaient de retour dans la chambre.

Levius se tut pendant un instant, comme il reprenait doucement corps avec la réalité. Son regard bleu se promena brièvement sur les différents éléments de sa chambre, comme pour en dresser l'inventaire. Puis, il adressa à Abigail un regard en coin.

« Tu veux me faire part de tes impressions ?

Demanda-t-il. La jeune femme venait de s'essayer à une technique thérapeutique de réhabituation. Elle s'était confrontée avec ses démons, laissé les pensées lui traverser l'esprit... A présent, il était temps pour eux de revenir sur cette expérience afin d'envisager la suite (quelle qu'elle soit).
Levius attendit donc sagement que son amie fasse le tri dans ses idées. D'un geste habile, il ramena le souvenir au bout de sa baguette et le rangea soigneusement dans son flacon de cristal originel, avant de replacer le dispositif dans la boite à côté de tous les autres.



Pensine
Revelio:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hungcalf.forumactif.com/t10862-levius-bird-nerd-is-the-new-sexy#237349
En ligne
avatar
Abigail Dowell
☙ Tiny Cute Dragonborn ❧
›› parchemins postés : 2926
›› miroir du riséd : Lauren Mayberry
›› crédits : mich
›› multinick : Vilagrippa
›› dispo RP : Disponible
BOTANIQUE ET MAGIZOOLOGIE
›› âge : 25 ans
›› situation : Célibataire
›› années d'études : 8ème année
›› options obligatoires & facultatives : Options Obligatoires :
Botanique, Soins aux créatures magiques, Astronomie
Options Facultatives :
Dragonologie, Sortilèges, Métamorphose, Défense contre les forces du mal
›› particularité : Animagus
›› nature du sang : sang-mêlé
›› gallions sous la cape : 3879

carte de sorcier
mes clubs:
mes liens :
DATE: Dim 16 Sep 2018 - 18:26 Sujet: Re: Diving deeply

Je ne me formalisais pas de son sourire et de son rire, et je rougissais sans doute au même temps que lui à cet instant. Suivant son regard sur la menthe poivrée, j'élargissais mon sourire à son verdict. Encourageant, c'était le mot que j'aurai sans doute choisi pour qualifier ma propre situation. Je pensais deviner les émotions qu'il traversait alors qu'il fuyait mon regard. Toutefois, je n'en faisais pas façon, encore une fois. Il y avait bien plus entre nous qu'une simple amitié, je le savais. Nous nous connaissions si bien, depuis si longtemps à parler presque le même langage floral étrange.
Trahissant mes propres sentiments, je me recroquevillais un peu sur moi-même en détournant le regard jusqu'à ce qu'il mette fin lui-même à notre séance.
Avec un rapide coup d'œil sur lui, je me contentais d'un petit hochement de tête timide, le laissant ensuite dissiper le souvenir autour de nous. Je ne voulais pas en effet risquer de replonger à nouveau dans une nouvelle peur ce soir. Je me sentais instable depuis ma crise, sans doute que le moindre bruit surprenant pourrait me faire replonger. Je me sentais déséquilibrée et fragile. Je n'aimais pas ça, c'était très insécurisant.

D'un air un peu pensif j'observais les arbres devenir fumées noires autour de nous, jusqu'à ce que nous soyons plongés ensemble dans un espace cotonneux de nuages sombres. Puis, comme un brouillard, il se dissipa pour laisser à nouveau apparaître la décoration de la chambre de mon ami.
Mes yeux bruns foncés prirent le temps de balayer la salle, me permettant de faire une énumération mentale de tout ce qui s'y trouvait, comme si ça me permettait de retrouver un pied à terre rassurant. Je m'attardais une nouvelle fois un instant de plus sur le tableau en pleine réalisation de ce bouquet de tulipes jaunes et de violettes. Il avait un petit quelque chose de tranquillisant, même si j'ignorais pourquoi. Je me perdis dans sa contemplation, réalisant que ça me faisait du bien, ou tout du moins que son message caché me faisait du bien.
Mais je fus tirée de mes pensées lorsque mon ami reprit la parole. Reposant mon regard sur lui, je le fixais avec très peu d'assurance, comme si j'étais devenue timide devant lui, comme je l'étais devant n'importe qui lors d'une première rencontre.

- Mmh… je ne sais… pas trop…

Redressant un peu mon dos, réalisant alors que mes douleurs s'étaient estompées, je croisais mes jambes en tailleur puis je posais mes mains sur mes genoux. Tout en réfléchissant, je levais les yeux au plafond, signe que ma profonde réflexion. Mettre des mots sur des émotions si profondes, c'était toujours difficile pour moi.

- C'est comme faire machine arrière, de prendre un train, mais au lieu d'aller en avant, je reviens sur un événement passé. Ou c'est omme rembobiner un film, tu vois ?

M'osant à reposer son regard sur lui, je m'autorisais un rapide sourire maladroit avant de poursuivre.

- C'est bien, pour moi. Je veux dire, c'est une technique qui semble me correspondre. Autant essayer de continuer, étape par étape.

Fronçant les sourcils comme si j'étais incertaine de ce que je venais de dire, je terminais toutefois par hocher la tête pour m'assurer que j'étais bien d'accord. Il fallait que j'avance, que j'affronte ce mal, et revenir en arrière pour y rajouter chaque fois un petit élément me permettrait sûrement d'y parvenir. Même si j'étais un peu désorientée maintenant, je ne voulais pas me laisser dépasser par quelques angoisses, aussi légères soient-elle. Je n'avais pas le choix que de me guérir. La tête enfoncée dans mes épaules, je revenais sur lui, comme une enfant qui allait se faire gronder par son paternel.

- Enfin… si tu penses toi aussi que c'est la bonne démarche.




FicheLiens
PensineTableaux


Revelio:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hungcalf.forumactif.com/t9691-c-est-beau-c-est-frais-c-est-transparent
En ligne
›› parchemins postés : 153
›› miroir du riséd : Jeremy Irvine
›› crédits : /
›› multinick : Thomas Cioban
SORCIER SALARIE
›› âge : 28 ans
›› situation : Célibataire
›› nature du sang : sang-mêlé
›› gallions sous la cape : 396

carte de sorcier
mes clubs:
mes liens :
DATE: Dim 16 Sep 2018 - 21:10 Sujet: Re: Diving deeply

Levius ne dit rien pendant un moment. Il se contenta simplement d'observer la jeune femme qui lui faisait face de l'autre côté de la pensine. Le jeune homme savait très bien ce qu'elle était en train de regarder (il connaissait l'anarchie de sa chambre sur le bout des doigts) et cela eut pour effet d’emballer un peu le rythme de son cœur. Avait-elle la moindre idée de ce qu'elle était en train de faire ? Lire son palpitant comme s'il s'agissait d'un livre : probablement pas. Levius aurait pu rougir s'il ne considérait ces sentiments comme étant purs. Une pureté digne d'être observée, sans doute. Il éprouva néanmoins le besoin de reporter son regard ailleurs, prenant conscience des efforts imposés par ce rythme cardiaque trop important à sa respiration. Paupières closes, il se calma en lui-même, avant d'oser revenir sur leur expérience et interroger son amie d'enfance.

Concentré comme on peut l'être, Levius écouta. Il écouta Abigail décrire ce que l'on qualifiait habituellement de « traumatisme » : les réminiscences du passé. L'attaque du loup garou lui avait fait l'effet de cette persistance de lumière que l'on a après avoir regardé le soleil en face. Elle revivait la scène malgré elle, parce que des choses du monde la lui rappelait. Néanmoins, la conclusion qu'elle porta sur cette expérience semblait positive. Elle semblait encline à continuer : Levius fut ravis de l'entendre.

« Si ça te convient, alors on continuera comme ça.

Dit-il d'un ton encourageant. Après quoi il décrocha la pensine de son état de lévitation et l'enveloppa dans une étoffe de soie fine pour qu'elle ne s'abîme pas.

« Je penses que cette méthode te correspond bien. Se contenter d'une thérapie par la parole classique aurait sans doute fait un peu court... Mais... Tu t'en sors bien.

Il termina sa phrase avec un petit acquiescement du chef assorti d'un léger haussement de sourcil qui venaient appuyer son propos. Levius savait (d'expérience) que les patients souffrant de tels troubles mettaient généralement de longs mois à franchir l'étape de la cabane. Abigail avait réussi à se promener dans les bois dès la première séance : c'était (pensait-il) très bon signe.

« On recommencera dès que tu auras envie. L'idéal, c'est d'être assez régulier... Au moins une fois par semaine.

Il haussa les épaules, puis lui tendit sa boite de métal (celle qui contenait les flacons de cristal) pour qu'elle puisse découvrir tous les intitulés et réfléchir à leur prochaine destination.

« Ce que l'on appelle communément un traumatisme correspond en fait à une réaction particulière du cerveau en situation de stress.

Dit-il. Promenant son regard alentours, le jeune homme cherchait sa baguette.

« Il survient dans une situation où l'intégrité physique ou psychologique de la personne est menacée. Les capacités d'adaptation du sujet sont alors débordées et cela aboutit à une réaction chimique caractéristique au niveau de l'amygdale.


Il venait de mettre la main sur sa baguette de bouleau et s'en servait à présent pour animer un grand poster représentant un cerveau humain en coupe, afin que la jeune femme puisse mieux appréhender ses explications. Ainsi, comme il parlait, l'amygdale se mit à clignoter en rouge sur le dessin.

« Et euh... Bon, sans entrer dans les détails, disons que ça crée un dérèglement qui tend à rendre l'amygdale (en fait, l'amygdale est impliquée dans la mémoire émotionnelle)... donc qui tend à rendre l'amygdale (disais-je) sur réactive aux stimuli externes.

Il tourna la tête en direction de la jeune femme pour conclure.

« En d'autres termes, un petit détail suffit à te faire revivre l'expérience traumatisante. Il posa sa baguette par terre, à côté de lui. C'est pour ça qu'il est pertinent d'avoir recours à ce genre de traitement... En fait, on va rétablir progressivement la fonction normale de ton cerveau et...

Levius venait de se rendre compte qu'il s'était laissé aller à un long monologue basé sur un certain nombre de termes techniques et qu'il n'était peut-être pas nécessaire d'en faire autant pour en arriver à cette simple conclusion.
A l'origine, il avait estimé qu'elle aimerait peut-être comprendre le fonctionnement sous-jacent de son problème et ainsi réaliser qu'il était davantage question de neurochimie que de psychologie à proprement parler... Toutefois, il se rappelait aussi que la plupart des gens se moquaient bien de tout cela et qu'il s'était peut être un peu emporté.

« Et tout ira bien.

Souffla-t-il donc en passant une main distraite derrière sa tête, pour se gratter nerveusement les cheveux, avant de sourire d'un air embarrassé.



Pensine
Revelio:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hungcalf.forumactif.com/t10862-levius-bird-nerd-is-the-new-sexy#237349
En ligne
avatar
Abigail Dowell
☙ Tiny Cute Dragonborn ❧
›› parchemins postés : 2926
›› miroir du riséd : Lauren Mayberry
›› crédits : mich
›› multinick : Vilagrippa
›› dispo RP : Disponible
BOTANIQUE ET MAGIZOOLOGIE
›› âge : 25 ans
›› situation : Célibataire
›› années d'études : 8ème année
›› options obligatoires & facultatives : Options Obligatoires :
Botanique, Soins aux créatures magiques, Astronomie
Options Facultatives :
Dragonologie, Sortilèges, Métamorphose, Défense contre les forces du mal
›› particularité : Animagus
›› nature du sang : sang-mêlé
›› gallions sous la cape : 3879

carte de sorcier
mes clubs:
mes liens :
DATE: Dim 16 Sep 2018 - 23:20 Sujet: Re: Diving deeply

Continuer, c'était tout ce qui comptait après tout. Je ne pouvais pas restée figer dans le temps, même si c'était ce que mon corps s'obstinait à faire depuis une dizaine d'années. Je savais que mon entourage était inquiet pour moi, ma sœur, mes parents, Levius, Aislin, et sans doute même Adoración même si nous nous voyons plus.
Cette méthode me convenait, car de toute façon, pensine ou non, des petits détails de ma vie, des choses que je pouvais voir, ressentir, observer ou même sentir me ramènerai toujours à cette nuit. Autant donc que je m'habitue, comme un rituel. Ainsi, les ports rocheux de mon âme deviendront lisses au passage de cette eau si douce que va devenir l'habituation. Ce sera de moins en moins douloureux, et j'étais certaine que le temps allait aussi faire son office, comme il l'avait toujours fait… comme il le faisait déjà pour l'amour que je portais à l'enseignante des Sortilèges.

- Une fois par semaine, ou deux fois même, ça me va. Je veux pratiquer le plus souvent possible tant que c'est supportable.

J'étais consciente que je ne voulais pas me surcharger, mais je voulais réellement travailler ce problème. C'était fatiguant. Bien sûr, certaines personnes n'arrivaient guère à se défaire de leurs problèmes, ils s'enlisaient dedans et arrivaient même à se complaire dedans. Je ne comprenais pas vraiment le cheminement mental pour en arriver à un tel point de désespoir, mais ce que je savais, c'est que je n'en étais pas là, et que je ne voulais pas l'atteindre. Ce n'était pas dans mon caractère de dépendre des autres, ma timidité m'avait rendue indépendante très tôt. Seuls mes parents me venaient encore en aide financièrement puisque j'avais à ce point prolongé mes études. C'était aussi pour ça que j'avais cherché un emploi au Rainbow. Pour les décharger.
Et ce qui était sûre, c'est que je ne voulais pas encombrer Levius de ma présence ou de mes thérapies, donc je suivrais davantage ce qu'il me prescrirait lui, et non pas ce que je désirais.

Avec l'attention de la bonne élève que j'étais, je l'écoutais me parler du cerveau, et de la réaction chimique qu'engendrait le traumatisme. J'étais contente qu'il me fasse partager tout ça et donc je suivais avec intérêt, pourtant, c'était un peu confus pour moi. Il m'était étrange de concevoir que les émotions n'étaient qu'une succession logique de réaction chimique. C'était sans doute le cas et sûrement vrai, je ne remettais pas en question les paroles et les études de mon ami. Néanmoins, pour moi qui étais une grande rêveuse, je préférais croire en la version plus romantique ou mystérieuse des réactions. Évidemment, tout n'était qu'une question de survie. La peur était une réaction de survie, si les chevaux fuyaient la menace, c'était pour vivre, car ils sont des proies dans la chaîne alimentaire. Le traumatisme qui restait encré dans la mémoire avait ce même mécanisme, mais déclenché de manière bien plus violente. Et je rapportais toujours toute logique aux réactions animales, car c'était ce que je comprenais et analysais le mieux.

- C'est donc une réaction de mon cerveau reptilien ?

Je ne m'étais évidemment pas formalisée du monologue de Levius, et son interruption me fit comprendre qu'il s'était perdu sans s'en rendre compte. Ainsi, je lui souriais avec cette gentillesse dont je faisais toujours preuve, lui démontrant que ça m'intéressait tout autant que le reste. J'étais de nature curieuse et ma soif d'apprendre était intarissable. C'était même quelque chose qui s'était développé avec le temps. En effet, petite, Levius avait déjà pu observer ma curiosité mais uniquement tournée sur la nature, en particulier pour les animaux. En grandissant, je m'étais ouverte au monde à ma manière, même si lui était resté obstinément fermé pour moi jusqu'en ce début d'année. J'avais donc été captivée par un bon nombre de sujets, et même si je n'avais pas un quotient intellectuel particulièrement élevé et que je n'étais de loin pas un génie, j'avais retenu bien des éléments essentiels.
La richesse mentale que ça m'avait apportée avait fait de moi ce que je suis aujourd'hui, et je continuais à m'en nourrir. Je plaignais les personnes qui restaient obtus, sans ouverture d'esprit, sans essayer de s'intéresser à son prochain ou à son entourage.

- Je ne suis pas inquiète, tu es avec moi.

Je trouvais important de le lui rappeler. J'ignorais la faute qu'il avait faite, celle dont il ne voulait pas me parler, mais une intuition me soufflait de le lui rappeler. Qu'il avait bien travaillé avec moi, que je me sentais en confiance, et que je ne craignais pas ses erreurs. Après tout, même en étant professionnel, l'erreur était humaine. La preuve avec mon accident. J'étais la première à savoir comment me déplacer dans la forêt et à me comporter envers des animaux ou des créatures. Néanmoins, j'avais perdu toutes ces notions et j'avais gravement fauté.
Restant assise, signifiant que je n'avais guère l'intention de partir tout de suite, sauf s'il me le demandait par une surcharge émotionnelle. Gardant le dos bien droit pour éviter de me faire mal, je reprenais avec tranquillité tout en désignant le tableau du menton. Ça m'intriguait.

- Il est joli celui-là.




FicheLiens
PensineTableaux


Revelio:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hungcalf.forumactif.com/t9691-c-est-beau-c-est-frais-c-est-transparent
En ligne
›› parchemins postés : 153
›› miroir du riséd : Jeremy Irvine
›› crédits : /
›› multinick : Thomas Cioban
SORCIER SALARIE
›› âge : 28 ans
›› situation : Célibataire
›› nature du sang : sang-mêlé
›› gallions sous la cape : 396

carte de sorcier
mes clubs:
mes liens :
DATE: Mar 18 Sep 2018 - 18:43 Sujet: Re: Diving deeply

Levius n'avait probablement pas à s'inquiéter, car il semblait qu'Abigail et lui partagent la même vision des choses. Elle avait accepté consécutivement la méthode et la fréquence prescrites par ses soins, affichant (pour toute expression) la confiance raisonnable de ceux qui savent où ils vont et d'où ils viennent.
Le jeune homme aurait pu s'en féliciter, mais il demeurait dubitatif, comme si quelque feu intérieur s'obstinait à ronger le fil de la confiance qu'il portait en ses propres jugements. Sans doute craignait-il qu'à tout moment le souffle brûlant de son enthousiasme ne se retourne contre lui et qu'Abigail lui en veuille, après avoir constaté qu'il menait la voie sans lanterne depuis le premier jour.
Ne s'était-il longuement documenté, pourtant, avant d'avoir osé lui proposer une telle méthode ? N'avait-il passé la nuit des dernières semaines à consulter des livres, écrit à ses anciens professeurs et creusé la méthodologie d'éminents articles pour mieux assurer ses pas dans la nuit ? N'avait-il, enfin, averti explicitement son amie d'enfance de cette incertitude si angoissante qu'il ressentait désormais sans cesse à l'endroit de son propre métier ?
Naturellement, Levius avait fait tout cela. Néanmoins, cela ne l'empêchait  pas de ressentir encore le poids du doute en cet instant. Il craignait de blesser Abigail comme on blesse à vouloir trop bien faire. Elle ne pourrait pas lui en vouloir, alors, mais cela le condamnerait à la honte. Il devrait aller tout en se sachant fautif et les deux amis d'enfance ne pourraient plus jamais s'entendre, car il resterait entre eux cette chose terrible (et impossible à résoudre).

Tragique constat, fatalité silencieuse, dont Levius se garda bien de laisser paraître la moindre trace. Il se contenta plutôt de replacer distraitement ses lunettes de vue, d'un petit coup de l'index au milieu du nez, avant de répondre à l'interrogation d'Abigail concernant sa tirade.

« Si tu te réfères à la théorie du cerveau triunique, on parlera plutôt du cerveau paléomammalien. Ce détail n'avait aucune importance hormis la quête d'exactitude, aussi se hâta-t-il d'ajouter : Mais... C'est une réaction du cerveau, oui. Là où se règlent les émotions... Ce qui... Ce qui n'a pas directement à voir avec la formation de la pensée complexe, si c'est ce que tu veux savoir.

Abigail se montrait toujours tendre avec lui, quand il se laissait aller à parler de ses centres d'intérêt. Elle ne témoignait jamais d'aucune lassitude et faisait toujours mine de s'intéresser à son propos. Malgré tout, Levius était si bien habitué aux témoignages d'impatience qu'il devenait méfiant et tendait à simplifier volontairement (ou interrompre) ses monologues en plein vol. Un exercice difficile (autant qu'épuisant) pour le jeune homme, mais auquel il se pliait par soucis de normalité.
Malgré tout, Levius prit sur lui de ne pas trop réfléchir à ce que pouvait bien ressentir Abigail (au delà de la gentillesse affichée). Il accueilli ses paroles en silence, regardant sa silhouette floue par dessus ses lunettes rondes, à la manière d'un hibou attentif. Quelque chose en lui se réjouissait de l'entendre prononcer ces mots (« tu es avec moi »), quand une autre lui soufflait qu'elle ne le faisait que pour ménager son cœur trop sensible.
Levius était un tendre et un romantique, mais il n'était pas naïf. Il savait lire les intentions derrières les beaux mots d'amitié, car elles ne donnaient à germer que des satisfactions éphémères. Parfois, il se disait que son amie ne voyait en lui qu'un enfant apeuré (ce qu'il fut jadis), là où il désespérait qu'elle vit un homme. Cela faisait si longtemps : il avait changé, après tout... Et quand bien même : pouvait-on admettre qu'un diamant (à la dureté légendaire) niche au cœur d'une corolle fragile de pétales blancs ?

Levius désespérait en constatant qu'elle ne voyait de son cœur que ce qu'il consentait à coucher sur des toiles. A ce titre, sa dernière remarque le consuma lentement et d'une douleur si fugace qu'elle en était presque anecdotique. Il eut un sourire faible et ses yeux azurs s'en allèrent chercher le couchant à travers les carreaux poussiéreux de la fenêtre, de l'autre côté du lit.

« Merci. Souffla-t-il. Mais n'en parlons pas. Si tu me demandes d'en parler, je n'aurais pas d'autre choix que de le faire... Et je ne suis pas certain que tu ais vraiment envie d'entendre ce que j'aurais à en dire.

Il ferma les yeux pour s'enfermer à l'intérieur de lui même et conclu sur ces simples mots (à peine un murmure) :

« S'il te plaît.



Pensine
Revelio:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hungcalf.forumactif.com/t10862-levius-bird-nerd-is-the-new-sexy#237349
En ligne
avatar
Abigail Dowell
☙ Tiny Cute Dragonborn ❧
›› parchemins postés : 2926
›› miroir du riséd : Lauren Mayberry
›› crédits : mich
›› multinick : Vilagrippa
›› dispo RP : Disponible
BOTANIQUE ET MAGIZOOLOGIE
›› âge : 25 ans
›› situation : Célibataire
›› années d'études : 8ème année
›› options obligatoires & facultatives : Options Obligatoires :
Botanique, Soins aux créatures magiques, Astronomie
Options Facultatives :
Dragonologie, Sortilèges, Métamorphose, Défense contre les forces du mal
›› particularité : Animagus
›› nature du sang : sang-mêlé
›› gallions sous la cape : 3879

carte de sorcier
mes clubs:
mes liens :
DATE: Mar 18 Sep 2018 - 20:05 Sujet: Re: Diving deeply

Je clignais plusieurs fois des paupières aux paroles de mon ami d’enfance, en signe que je ne comprenais pas tout ce qu’il disait. Après tout, le cerveau avait bien des mystères pour moi, et je n’étais qu’une néophyte de bas étage concernant son sujet. Je m’imaginais donc un schéma bien simple et me contentais de hocher la tête, un peu pantelante, mais non pas moins intriguée. Toutefois, je croyais deviner qu’il ne semblait pas vouloir s’étendre sur le sujet, comme s’il avait peur de me déranger avec, pourtant, ce n’était pas le cas. J’appréciais toutes les discussions, d’autant plus lorsque ça pouvait permettre de nourrir ma curiosité et mon savoir.
Étrangement, j’avais la désagréable impression qu’une atmosphère un peu lourde s’installait entre nous au fur et à mesure du temps, des mal entendus… comme si nous agissions comme lorsque nous étions enfants alors que ce n'était plus le cas. Nous nous étions perdus de vue très longtemps et nous apprenions encore à nous connaître à l’état mature, mais je n’aimais pas ressentir cette espèce de malaise entre nous. Je tenais particulièrement à Levius, et je me devais d’être honnête avec lui. Peut-être n’apprécierait-il pas sur le moment, mais au moins, je n’aurai pas de secret pour lui. Ce sera à lui d’accueillir mes mots comme il le souhaitait, mais ça allait écarter tout doute ou pensée égarée.

- Tu sais Levius… Avec moi tu n’es pas obligé de faire preuve de retenue… si un sujet t’intéresse, parle en moi. Ce n’est pas par politesse que je te dis ça, mais parce que c’est la vérité, ça m’intéresse. Si ce n’était pas le cas, je te le dirai. J’aime discuter de tout et de rien, j’aime apprendre même quand ça me dépasse… et surtout, j’aime parler avec toi.

Je faisais un peu la moue en enchaînant.

- J’ai appris à dire non. Avec le temps.

Hélas, j’avais conscience que si je ne faisais pas preuve d’un peu de délicatesse, je risquais de surcharger mon ami d’émotion, ce qu’il gérait mal… mais comme je le pensais plus tôt, nous n’étions plus des enfants. Moi aussi, j’étais submergée par mes émotions, en grande timide et solitaire, je n’avais jamais vraiment appris comment réagir en groupe, ou simplement avec un autre interlocuteur. La seule personne qui me connaissait vraiment était ma sœur, tous les autres ne voyaient que le masque, parce que j’avais peur. Peur de faire une faute, peur de ne pas correspondre, et peut-être peur de perdre l'amitié… et concernant Levius, j’étais terrorisée. Je l’appréciais profondément, ce lien invisible entre nous, comme ce fil invisible tissé par les nornes du temps, était bien plus fort que tous les autres. Même si j’étais très étroitement amie avec Ayden ou Aislin, ça n’avait rien à voir. Levius était un peu comme ce jumeau que je n’avais jamais eu, nous n’avions même pas besoin de nous parler pour nous comprendre, mais pourtant, ça aussi, ça semblait avoir un peu changé… et Merlin savait à quel point je le regrettais. J’avais l’impression que nous avions peur tous les deux, peur de froisser l’autre, ce qui nous motivait à garder des secrets… mais je détestais ce genre de non-dits.

Ce sentiment ne fut qu’accru par la réponse de mon ami concernant son tableau. Je voyais bien son malaise, pourtant, je ne pouvais m’empêcher de souffler tranquillement par les narines, lâchant un léger soupir. Je n’étais pas las de la situation, je n’étais même pas certaine de pouvoir être las en présence de Levius. Ce n’était qu’une nouvelle manifestation de mon malaise et de ma crainte. Me mordant légèrement les lèvres, j’essayais de prendre une décision. Normalement, je respectais les désirs de mes proches sans discuter. Mais je le prenais aux mots, peut-être que je n’avais pas envie de comprendre la véritable signification de ce tableau, néanmoins, il me faisait beaucoup de mystères. Sa perte de confiance concernant ses talents en psychomage, l’événement qui en était à l'origine, et maintenant ça ? Sans compter ce silence entre nous, cette chose dérangeante qui me faisait alors remuer un peu les épaules comme si j’en ressentais un poids invisible. J’avais l’impression que nos nornes veillaient à ce lien doré entre nous, et qu’elles le menaçaient avec leur paire de ciseaux. Il me semblait que mon très cher interlocuteur tenait mon cœur dans une main glacée et si distante que ça m’effrayait. Le voir s’éloigner de moi, d’une quelconque façon, ne plus pouvoir bénéficier de son amitié, c’était au-dessus de mes forces. Essayant de chasser la boule d'angoisse qui se formait dans ma gorge, je me raclais doucement la gorge en fixant à nouveau le tableau.

- Enfermé dans sa timidité, il est resté silencieux jusqu’à enfin oser dévoiler son amour. Un amour non partagé ou rejeté.

J’avais successivement donné les significations des violettes puis des tulipes jaunes. Sans que je ne comprenne vraiment pourquoi, je sentais mon cœur s’emballer légèrement, mais c’était douloureux. Lorsqu’il était ainsi avec Adoración, j’atteignais un niveau de bonheur intense.
Adora… elle me manquait tellement…
Me penchant en avant, je m’accoudais sur mes genoux en plongeant mon visage dans mes mains, luttant pour ne pas me laisser submerger par ma tristesse. En effet, je craignais la véritable signification de ce que ce tableau voulait dire. Pourtant, j’avais besoin de l’entendre, d’être rassurée, ou pas. Je relevais légèrement le visage tout en posant mon menton sur les dos de mes mains jointes. Le regard fuyant et distrait sur les piles de vêtements de couleur.

- Tu sais… j’ai moi aussi ressenti ça un jour.

C’était la vérité. J’avais secrètement aimé Adoración pendant des semaines. Comment m’était-il possible d’être tombée amoureuse ? Surtout, comment m’était-il possible d’aimer une enseignante ? Pire, qui avait le double de mon âge ? Le cœur a ses raisons que la raison ignore… Et voilà pourquoi je m’entendais murmurer, presque comme une supplication, parce que j’étais mise au supplice par Levius. Je ne voulais pas le perdre, je ne voulais pas briser quelque chose entre nous, mais je souhaitais que nous puissions nous confier. Nous avions grandi. J’avais peur. Mon ami d’enfance était devenu mon loup-garou l’espace de quelques secondes.

- Levius… s’il te plait, parle-moi…




FicheLiens
PensineTableaux


Revelio:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hungcalf.forumactif.com/t9691-c-est-beau-c-est-frais-c-est-transparent
En ligne
›› parchemins postés : 153
›› miroir du riséd : Jeremy Irvine
›› crédits : /
›› multinick : Thomas Cioban
SORCIER SALARIE
›› âge : 28 ans
›› situation : Célibataire
›› nature du sang : sang-mêlé
›› gallions sous la cape : 396

carte de sorcier
mes clubs:
mes liens :
DATE: Mar 18 Sep 2018 - 21:38 Sujet: Re: Diving deeply

Levius acquiesça sans mot dire aux paroles d'Abigail concernant cette censure qu'il s'imposait à lui même et qu'elle avait (à force de le côtoyer) appris à repérer. Cette honnêteté lui fit l'effet d'une bouffée d’oxygène bienvenue dans l'atmosphère asphyxiante des non-dits. Car un genre de pesanteur s'était (peu à peu) instillée entre eux. Craintes fugaces, insécurité de l'âme : les points communs d'Abigail entraient parfois en collision au lieu de se compléter. Quand chacun d'eux se retranchait derrière les murs de sa forteresse intérieure, plus rien ne passait, en dépit de l'affection réelle qui animait ces deux âmes l'un à l'endroit de l'autre.
Levius avait tant à cœur de lui plaire qu'il pouvait en devenir déplaisant : il se laissait hypnotiser par cette idée absurde qu'il faudrait correspondre à un certain standard, car il n'existerait rien d'autre de valable en ce monde. A ses yeux, Abigail était tellement au dessus de lui qu'il ne pouvait l'observer sans s'éblouir de quelque lueur d'un soleil issus de tous ces codes qu'il ne maîtrisait pas et dont il souffrait sans le dire.

Fallait-il qu'elle veuille percer le secret de sa toile, cette chère amie d'enfance à la franchise coupante comme une lame de rasoir. Levius se demanda (en lui-même) pour quelle raison elle refusait d'écouter sa supplication. Pourquoi s'obstinait-elle à le faire parler, alors qu'elle savait déjà qu'elle ne voulait pas savoir ? Voilà ce qu'il pensait, Levius, silencieux en lui-même.
Ses yeux azurs demeuraient prisonniers sous des paupières closes. Il l'écouta énoncer la symbolique des tulipes jaunes et des violettes comme l'on se rend à l'échafaud. C'était elle qui l'attendait, le couperet du rejet en main et prête à abaisser sur lui sa sentence, une fois qu'il aurait livré son aveux. Il la voyait distinctement dans la pénombre de sa tête et c'est pourquoi, à la manière d'une brebis qui regarderait dans l’œil du tigre, il demeura immobile.  
A ce titre, Levius ne s'émut pas davantage lorsqu'elle lui avoua avoir déjà éprouvé pareil sentiment autrefois : il n'en doutait pas. Après tout, n'était-il pas normal qu'une telle jeune femme fusse aimée ? Le garçon s'en était fait une évidence il y a de cela bien longtemps. Car oui, cela faisait longtemps...
Peut-être même avait-ce toujours été le cas.
Toujours.

Toujours et pourtant il n'en avait jamais souffert avant aujourd'hui. Ce qui est caché à la vue des hommes n'existe pas, se disait-il. Pensée magique : il se sentait une entrave qu'on ne saurait imposer à qui que ce soit. Abigail était sa meilleure et sa plus vieille amie et c'était ainsi qu'il l'aimait. Il la voulait libre ou bien avec un autre mieux à même d'incarner ce dont elle avait besoin que lui. Car s'il l'aimait, c'était à ce point, pas moins.

« Abi...

Répliqua-t-il faiblement, après qu'elle l'eut imploré de parler. Ses sourcils s'étaient arqués de sorte à former un petit pli entre eux. Il n'avait toujours pas daigné ouvrir les yeux. A dire vrai, il n'en était pas capable. Levius semblait contenir en lui un océan d'émotion toutes à la fois anciennes et nouvelles.

« Il est pour toi, ce tableau. Pour ce moment... C'est tout.

Sa gorge était nouée, il eut un tremblement. Alors, sa respiration se fit vive l'espace d'un très bref instant, mais il la retint et elle demeura sous contrôle. Levius sentait son cœur battre jusqu'au fond de sa gorge et résonner partout dans son corps. Le temps s'était arrêté sur le décompte éternel de la même seconde. Encore...
Et encore.

Ses paupières s'ouvrirent finalement d'une grande lenteur. Dans leur mouvement, elles entraînèrent des larmes, qui s'en allèrent rouler jusqu'au bas de ses joues, d'où elles gouttèrent ensuite successivement les unes après les autres, pour se renouveler ensuite. Levius ne regardait pas Abigail (sans doute craignait-il de se brûler), il rivait un point insignifiant de l'espace et ne bougeait plus du tout. Il avait cessé de vivre à l'instant même où la jeune femme l'avait poussé à formuler son aveux.



Pensine
Revelio:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hungcalf.forumactif.com/t10862-levius-bird-nerd-is-the-new-sexy#237349
Contenu sponsorisé
DATE:  Sujet: Re: Diving deeply

Revenir en haut Aller en bas
 
Diving deeply
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

 Sujets similaires

-
» Women's Tournament
» Jacobs Vs Nexus
» 25.02.2012

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: 
(NO) MAGIC UNIVERSE
 :: Londres & le monde :: Habitations moldues & sorcières :: Ferme des oiseaux
-